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mardi 22 octobre 2013

Leonarda : Josiane Balasko a "honte pour ce gouvernement" (rtl.fr-16/10/2013)

RÉACTION - Pour l'actrice, connue pour son engagement à gauche, l'expulsion de Leonarda, cette jeune adolescente d'origine kosovare, est un acte à la fois "navrant et dangereux "

Les réactions se multiplient après l'annonce de l'expulsion de Leonarda, cette jeune collégienne d'origine kosovare remise à la police le 9 octobre au cours d'une sortie scolaire. Connue pour son engagement politique et sa proximité pour les idées de gauche, Josiane Balasko n'a pas mâché ses mots à l'égard du gouvernement, mercredi.
"Le changement ce n'est pas maintenant. Parce que pour les gens qui n'ont pas de logement ou ceux qui n'ont pas de papier, c'est comme le slogan des "Bronzé 3" : c'est les mêmes en pire" Josiane Balasko
"Je trouve ça extrêmement navrant et dangereux parce que c'est faire le jeu de gens qui, de toute façon, ne voteront pas pour les socialos (sic)", a commenté l'actrice au micro de RTL. "Humainement, ce n'est pas pour ça que j'ai appelé à voter pour ce gouvernement. Quand je pensais au changement, je ne pensais pas à un changement pareil", a-t-elle dit.

"Le changement ce n'est pas maintenant. Parce que pour les gens qui n'ont pas de logement ou ceux qui n'ont pas de papier, c'est comme le slogan des Bronzé 3 : c'est les mêmes en pire", a-t-elle ajouté.

Balasko charge Hollande

Et Josiane Balasko d'analyser l'expulsion de Leonarda sous l'angle politique. "Hors contexte humain, je trouve ça d'une politique nulle. On perd notre âme. C'est un jeu dangereux. Les gens qui votent FN voteront FN. Et ce n'est pas parce que monsieur Valls remue des bras que ça va changer. J'ai honte. Je n'ai pas honte pour mon pays mais pour le gouvernement qui laisse faire de telles pratiques", a-t-elle dit.
"Les gens qui votent FN voteront FN. Et ce n'est pas parce que M. Valls remue des bras que ça va changer"Josiane Balasko
"Honte" pour le gouvernement en général, pas pour le ministre de l'Intérieur en particulier : "Manuel Valls le fait parce qu'on le laisse faire. Il n'est pas président", a jugé Josiane Balakso, rejetant la faute sur François Hollande. Dont acte : pour l'actrice, le président doit sans tarder expliquer quelle politique de gauche il veut mettre en place.


source: rtl.fr/

Affaire Léonarda : les lycéens veulent une loi (par Ingrid Merckx - Politis-22 octobre 2013 )

Répondant à l’appel de RESF avec une quinzaine d’organisations, les représentants des lycéens ont réclamé une loi protégeant les élèves sans papiers et les jeunes majeurs dans les locaux de la FCPE, hier à Paris.

Khatchik est en ligne. Il est dans la maison de sa grand-mère, dans un village à une quarantaine de kilomètres d’Erevan en Arménie. Le son lui parvient avec du retard. Il ne comprend pas toutes les questions que lui posent les journalistes. Eux, en revanche, l’entendent très distinctement dans cette salle de la FCPE, à Paris, où le Réseau éducation sans frontières (RESF) a organisé une conférence de presse ce 21 octobre, « pour faire le point après l’intervention du président de la République » [le 19 octobre à la télévision, ndlr].
Brigitte Wieser de RESF reprend le combiné et redemande à ce lycéen de 19 ans, expulsé de France le 13 octobre, dans quelles conditions il vit son arrivée dans un pays où l’attend un enrôlement forcé dans l’armée : ne s’étant pas présenté à l’appel pour le service militaire, il a été décrété déserteur. Ses parents sont restés en France où il était scolarisé au lycée parisien Camille Jenatzy. Le jour de ses 19 ans, il a été placé en rétention, puis expulsé.

Leonarda, l’arbre qui cache la forêt

L’histoire de Khatchik a fait moins nettement moins de bruit que celle de Leonarda. Mais la notoriété de celle-ci a un peu rejailli sur celui-là. Leonarda devenant, aussi, le nom de code de la lutte contre les expulsions d’élèves aux parents sans-papiers. L’arbre qui cache la forêt.


Pour preuve : les lycéens qui sont descendus dans les rues la semaine du 14 octobre réclamaient le retour de Leonarda ET Khatchik. Et partant, des élèves déjà expulsés, comme Blendon, kosovar de 12 ans, hémiplégique, pour lequel RESF demande sans relâche un visa pour soins. Et des élèves potentiellement expulsables, comme Tika et Ana, petites filles de 11 et 5 ans d’origine géorgienne, scolarisées à Albertville grâce à la mobilisation du réseau et des habitants.
Maia, Tika, Ana...
Leur mère, Maia se trouve dans la salle, assise à la table qui réunit plus d’une quinzaine d’organisations dont RESF, la FCPE, le Gisti, la Cimade, la LDH, la FDL et l’UNL, la FSU, le PC, les Verts... Souriante, vêtue d’un t-shirt à manches longues où apparaît la tête brillante d’un félin, elle fait le pari de la médiatisation après s’être cachée et avoir dû éparpiller sa famille pour éviter une expulsion.
« Ils ne peuvent justifier que de 3,5 ans de présence en France, explique Brigitte Wieser. Soit ils se cachaient pendant 18 mois. Soit ils prenaient le risque de s’exposer mais protégés des habitants. » Ils se sont rendus aux universités du PS, ils ont été applaudis sur la grande scène de la Fête de l’Huma, les rentrées successives de leurs deux filles à Alberville se sont faites sous les feux des projecteurs…
Une circulaire n’a pas force de loi
« Une circulaire n’a pas force de loi, souligne Juliette Chilowicz, de la Fidl, en marge de la conférence de presse. Nous attendons un signe fort de la gauche. Ce qu’il faut, c’est une loi interdisant les expulsions de jeunes scolarisés, étudiants ou en formation. Si l’école est protégée mais que les élèves peuvent se faire arrêter à la sortie, ils vont avoir peur d’aller en cours… » La Fidl a décidé de profiter des vacances scolaires, qui viennent de débuter, pour aller tracter dans les facs contre les expulsions, histoire de mobiliser leurs aînés. Et donne rendez-vous pour de nouvelles mobilisations la semaine du 4 novembre.

Même écho du côté de l’UNL. « Une circulaire sanctuarisant l’école, c’est bien, mais il faut aller plus loin, protéger tous les jeunes inscrits dans un parcours d’éducation, insiste Ivan Dementhon. Les lycéens ont répondu à notre appel, ils y répondront encore au retour des vacances. »

La peur qu’ils ont inspirée au gouvernement ne l’étonne guère : « Les jeunes font peur. Pourtant, il n’y a pas eu de débordements, juste un ou deux qui ne pouvaient nous être reprochés. Et tous les lycéens qui se sont mobilisés parlaient d’une seule voix pour réclamer le retour de Leonarda et Khatchik. Ils sont nombreux comme eux, silencieux dans les établissements ou assignés à résidence avec leurs familles. De nombreux témoignages nous parviennent. Le gouvernement ne doit pas nous craindre mais il faut qu’il nous écoute et qu’ils nous entende : n’a-t-il pas fait de la jeunesse sa priorité ? »

Poursuite des lois sarkozystes

Pour le RESF, cette circulaire qui sanctuarise l’école, « c’est se foutre du monde, résume Brigitte Wieser. Ce n’est pas ça qui a mis le feu aux poudres mais l’expulsion d’un élève. » Si la circulaire Valls de novembre 2012 permet la régularisation de nombreuses familles, en matière d’expulsions d’élèves elle est « en deçà » de la circulaire Sarkozy d’octobre 2005 qui protégeait les enfants de parents sans-papiers pendant l’année scolaire. Celle-ci avait fait redouter des expulsions massives au 1er juillet mais avait permis de nombreuses régularisations. Le PS reste très attendu sur l’immigration, cet « impensé de la gauche »...

Voir les appels des lycéens pour la semaine du 4 novembre. UNL et Fidl

Ingrid MERCKX
source: politis.fr

vendredi 6 septembre 2013

Appel « Non à la disparition des associations »

Appel à une mobilisation commune pour le maintien des financements associatifs
et la reconnaissance du rôle des associations dans la société



Le gouvernement a entrepris de redéfinir le cadre des relations entre l’État, les collectivités et les associations, ainsi que la législation et la réglementation relatives au financement des associations. Ces initiatives sont opportunes et importantes car les décisions prises dans ce domaine vont fixer le cadre institutionnel et réglementaire, sans doute pour longtemps. Mais cela ne saurait faire oublier que le même gouvernement a annoncé pour 2014 de nouvelles coupes sombres dans le budget de l’État et des collectivités, s’ajoutant à la réduction drastique des crédits en 2013. Le président de l’Association des Maires de France a dénoncé une situation « qui risque de peser sur les subventions aux associations ».

On ne peut pas assister passivement à la disparition d’un nombre sans cesse croissant d’associations, alors que celles-ci constituent l’un des piliers de notre vie démocratique, sociale, civique et culturelle. Les associations sont l’un des creusets de la démocratie et de la participation citoyenne. Elles jouent un rôle indispensable de renforcement de la cohésion sociale, de développement de l’activité et de l’emploi et de préservation des droits fondamentaux.Aucune société ne peut exister sans leur apport.

C’est pourquoi les associations, réseaux d’associations et élus signataires affirment qu’ils ne laisseront pas détruire sans réagir le tissu associatif de nos territoires et de nos villes. Les associations refusent d’être la variable d’ajustement des diminutions des financements publics et appellent à se mobiliser.
Les signataires demandent à  l’Etat et aux collectivités d’adopter 6 orientations :
1 La restauration d’un climat de confiance doit se traduire par la reconnaissance de leur rôle et par le développement des financements associatifs, pour que la dynamique associative soit en mesure de contribuer à l’intérêt général. En particulier, des 2014, l’État et les collectivités doivent apporter aux associations les moyens d’exercer leurs missions en maintenant les lignes de crédits nécessaires (il ne s’agit pas du service civique).
2 La subvention constitue un mode de financement légal qui doit être conforté et privilégié. Elle ne constitue pas la compensation d’un service rendu mais la reconnaissance de l’intérêt d’un projet associatif. Les subventions de fonctionnement doivent être développées. Les appels à projets constituent des formes parfois proches de celles des appels d’offres et ne sauraient devenir le mode habituel d’attribution des subventions.
3. La plupart des actions associatives ne sont pas des activités économiques au sens européen du terme et doivent donc être considérées comme des activités non économiques ou des services non économiques d’intérêt général. Comme le permet la règlementation européenne, le gouvernement doit soustraire ces activités à l’extension indéfinie du champ de la concurrence,en réservant, lorsque la nature du service le justifie, la réalisation des actions d’intérêt général à des opérateurs ne poursuivant aucun but lucratif.
4 La diversité associative est un trésor national qui doit être préservé. Il est nécessaire de distinguer les cas des associations relevant du régime européen d’encadrement des aides d’État et la très grande majorité des associations qui n’en relèvent pas, et n’ont pas besoin de mandatement pour recevoir un soutien public. Il faut également lutter contre les politiques  délibérées de certaines collectivités et de l’Etat visant à réduire le nombre d’associations, et définir un cadre juridique, comptable et administratif adapté aux  petites et moyennes associations.
5 La participation citoyenne doit être encouragée pour donner une place centrale au citoyen dans la vie politique et à l’engagement du plus grand nombre. Elle passe notamment par une pédagogie de la citoyenneté et une architecture institutionnelle dynamique, favorisant un écodéveloppement local participatif et solidaire, des relations partenariales entre les associations et les collectivités. Les 3 lois de décentralisation doivent aborder ces points.
6 Ces enjeux concernent de nombreuses politiques publiques, notamment en matière d’écodéveloppement, d’éducation populaire, de défense des droits, de cohésion sociale,  santé… .C’est pourquoi la consolidation de la vie associative, annoncée par le Président au cours de la campagne présidentielle, doit être l’objectif de l’ensemble du gouvernement et faire l’objet d’un engagement du Premier ministre.
A Quimper, un rassemblement est prévu samedi 21 septembre (à partir de 11h00 ) place St Corentin (jour où M. Poignant, Maire de la Ville, fêtera l'anniversaire de la République) pour exiger la reconnaissance du rôle des associations dans la société et le maintien des financements associatifs.