Les adhérents parisiens du PCF ont voté à 57% pour des listes communes
avec le Parti socialiste dès le premier tour aux municipales à Paris, à
la grande joie d'Anne Hidalgo (PS) qui réussit cette union comme
Bertrand Delanoë en 2001 et 2008.
A côté des listes EELV, la candidate PS devra aussi affronter celles de
Danielle Simonnet (Parti de gauche), mais cette dernière se retrouve
donc privée de son principal allié au sein du Front de gauche né en
2009.
C’est pour moi une immense joie et une très grande fierté. C’est un
formidable message qui est adressé à toute la gauche parisienne", a
réagi Anne Hidalgo samedi soir à l'annonce des résultats, rappelant les
13 années de gestion commune PS-PCF qui "ont profondément changé Paris".
A
l'inverse, Danielle Simonnet, qui est secrétaire nationale du PG, a
regretté la décision des communistes, qualifiée d'"erreur politique".
"Sans doute que le poids mis dans ce choix du secrétaire national du
PCF, Pierre Laurent, a été trop lourd pour permettre aux partisans
communistes d’une liste Front de gauche de l’emporter", a-t-elle dit.
Pierre
Laurent avait publiquement pris position pour l'union avec le PS,
quelques jours après le vote du conseil départemental du PCF validant à
67% cette option.A ce choix pro-PS, comme le stipulait le
bulletin de vote soumis aux adhérents, était assorti un accord "Paris
2014-2020" avec les socialistes, prévoyant que 13 sièges soient réservés
au PCF au Conseil de Paris (contre 8 aujourd'hui, sans compter les deux
élus PG). L'accord inclut aussi des propositions chères aux
communistes, comme leur objectif des "30% de logements sociaux à
l'horizon 2030" -repris il y a quelques semaines par Anne Hidalgo-, la
mise en place de la gratuité des premiers m3 sous condition de
ressources ou encore "la programmation d'embauches nettes de personnels
titulaires pour tout nouvel équipement".
En définitive, au terme
d'un vote de trois jours dans les sections d'arrondissement, 57% des
près de 1.200 votants ont coché cette première option,et 43% celle de
l'autonomie avec les autres principales composantes du FG, a annoncé
samedi soir lors d'une conférence de presse Igor Zamichiei, patron de la
fédération PCF de la capitale. Une majorité moins nette que celle
dégagée lors du vote du conseil départemental, preuve qu'il y a eu "un
fort débat" chez les militants, a reconnu M. Zamichiei.
"Les propos des responsables du PG ont braqué les communistes"
Après
le vote des dirigeants parisiens du PCF, rendu public le 9 octobre,
Eric Coquerel, du Parti de gauche, avait affirmé que "l'avenir du Front
de gauche est en cause". Jean-Luc Mélenchon, coprésident du PG, avait
déploré "un exemple désastreux".Ces derniers jours, sur fond
d'affaire Leonarda, les proches de Jean-Luc Mélenchon avaient continué
d'attiser la colère d'une partie de la gauche contre le gouvernement et
ses "amis" comme Mme Hidalgo."Alors que la jeunesse se lève
contre les conséquences inhumaines de la politique de Manuel Valls,
est-il possible concrètement de faire des listes communes avec ses amis à
Paris ?", a demandé vendredi sur son blog Alexis Corbière, un des deux
conseillers de Paris du PG avec Mme Simonnet.
Pour Ian Brossat,
chef de file des communistes parisiens, qui siège aux cotés de M.
Corbière et Mme Simonnet au Conseil de Paris, l'affaire Leonarda n'aura
finalement pas eu tellement d'incidence sur le vote.En revanche
"les propos tenus par les responsables du Parti de gauche ces dernières
semaines ont contribué à braquer les communistes", analysait-il samedi
soir.
Pourquoi le choix de l'union avec le PS? "Si on veut faire
un rassemblement majoritaire, il n'y a personne à exclure et
actuellement l'attitude du Parti de gauche c'est plutôt l'exclusion", a
répondu à l'AFP Gérard Pellois, adhérent de la section PCF du XIXe.
"L'alliance avec le PS, moi je considère aussi que c'est un front de
gauche", a ajouté cet employé de banque à la retraite.