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samedi 23 novembre 2013

Nantes : les communistes choisissent l'union PCF-PS dès le 1er tour

Les communistes de Nantes ont décidé de se joindre à Johanna Rolland, ils expliquent pourquoi dans un communiqué.



"Les communistes de Nantes font le choix à 82,57% (taux de participation de 72,19% des adhérents à jour de cotisations ces 3 derniers mois), du rassemblement le plus large à gauche avec Johanna Rolland comme tête de liste dès le premier tour des élections municipales. 

Après des mois de débats et d’échanges, de construction de propositions pour un nouveau cap à gauche dont un certain nombre est déjà porté par la tête de liste PS ; les communistes on fait, majoritairement le choix du rassemblement dès le 1er tour :
-Pour barrer la route aux ambitions de la droite et du FN ;
-Pour mettre en œuvre des solidarités nouvelles dans une majorité clairement ancrée à gauche 
- Pour garantir des élu-e-s communistes en plus grand nombre au conseil municipal. Ces élu-e-s continueront de s’exprimer librement et de faire vivre les 70 pro-positions mis à la disposition des Nantaises et des Nantais,

Ils appellent l’ensemble des forces de gauche et plus particulièrement leurs partenaires du Front de Gauche et d’Europe Ecologie les Verts au rassemblement le plus large possible à gauche dont notre peuple a besoin dans cette période de crise économique, sociale et politique.

Dès maintenant, ils s’engagent à mettre en débat et construire avec les Nantaises et les Nantais, et leurs partenaires pour ces élections, les politiques publiques municipales répondant à leurs attentes".

communiqué des chefs de file du PCF pour les élections municipales à Nantes

source: media-web.fr 
21/11/2013

À Nantes (44), le PCF met 70 propositions sur la table

Avec cette « feuille de route », le Parti communiste va maintenant aller rediscuter des élections municipales avec les autres formations, celles du Front de gauche et le Parti socialiste.

Pourquoi ? Comment ?D'où viennent ces propositions ?

Les communistes nantais sont les premiers à rentrer ainsi dans le concret. Ils viennent de publier leurs 70 propositions « pour un nouveau cap à gauche. Le document va être tiré à plusieurs milliers d'exemplaires en direction des forces syndicales, politiques, associatives », note Robin Salecroix. C'est lui qui a coordonné les rencontres et débats au cours desquels sont sorties les propositions pour les municipales. Elles ne sont pas chiffrées. « C'est un projet, pas un programme, précisent Marie-Annick Benâtre et Aymeric Seassau, les chefs de file communistes à Nantes. Mais nous avons des pistes de financements crédibles et cohérentes. »

Que disent les propositions ?

Les communistes insistent sur le logement social (passer à 30 %), l'emploi, la jeunesse et ce qu'ils appellent des « solidarités nouvelles » avec des tarifications sociales permettant à tous de bénéficier des services publics. Quelques exemples. Une conférence annuelle sur l'emploi, la lutte contre la spéculation immobilière, une extension de tarif réduit des transports en commun aux habitants non-imposables, la gratuité des médiathèques pour ces familles... Eux aussi veulent organiser des états généraux de la culture, revisiter la politique culturelle nantaise. Les communistes entendent « dépasser certains dogmes » comme celui des effectifs municipaux constants. « Tarifs et personnels ne doivent pas être la variable d'ajustement. Nantes dispose de marges de manoeuvre sans accentuer la pression fiscale. »

À quoi vont-elles servir ?

Maintenant, les communistes veulent débattre des 70 propositions et aller « rediscuter avec toute la gauche, sans aucune exclusive, pour engager le rassemblement le plus large possible ». Traduction : discuter avec le PS et les autres formations du Front de gauche. Ensuite, « ça se jouera sur le meilleur moyen de mettre en oeuvre un maximum de propositions, ce qui veut dire aussi un maximum d'élus pour les porter ». On constate un désaccord avec les formations qui viennent d'annoncer une liste de « rupture » à gauche du PS (Ouest-France de jeudi 17 octobre) et veulent se situer dans l'opposition de gauche. La question des alliances devrait être tranchée d'ici la fin du mois de novembre. Les militants voteront, à une date qui n'est pas fixée, affirment les responsables communistes.

source : ouest-france.fr 
(17/10/2013)

jeudi 21 novembre 2013

Municipales à Rennes : les communistes avec le PS, sans surprise (Rennes-Le Mensuel 20/11/2013)





Ce mardi, les communistes rennais ont décidé de rejoindre la liste d'union de gauche conduite par la candidate PS Nathalie Appéré en vue des prochaines élections municipales. Les militants ont désigné Eric Berroche, adjoint au maire de Rennes en charge des transports, comme chef de file.
Les communistes rennais s'allieront avec le Parti socialiste lors des prochaines élections municipales. Eric Berroche, président du groupe communiste au conseil régional, et Denis Kermen, secrétaire de la section Rennes Métropole du Parti communiste français (PCF), ont annoncé la décision des militants ce mercredi au siège fédéral du parti. Ces derniers s'exprimaient depuis vendredi sur les scénarios envisagés. 75% des adhérents se sont exprimés.
Verdict : 60% des participants se sont prononcés pour une liste d'union de gauche avec la candidate PS Nathalie Appéré. 25% des votants ont opté pour une alliance avec EELV et le Front de gauche, 15% pour une liste autonome du PCF.
Eric Berroche a été désigné chef de file, comme c'était déjà le cas en 2001 et en 2008. Nul doute que l'élu, actuel adjoint au maire de Rennes en charge des transports, est aujourd'hui soulagé par le choix des militants. Dans le cas d'une victoire de l'équipe emmenée par Appéré, il devrait conserver un siège d'élu. 

Un choix de raison

Eric Berroche a rappelé la longue histoire qui lie le PS et le PCF à Rennes depuis 1977 : "L'ensemble de la majorité a toujours travaillé en bonne intelligence. Dans le dialogue et le respect le plus absolu. Il m'arrive de rêver que ce qui arrive à Rennes puisse se transposer dans d'autres endroits." Denis Kermen a enfin invoqué les "rapprochements programmatiques" entre les deux partis. Le 12 novembre dernier, les militants ont adopté à l'unanimité un programme constitué de 88 propositions, "qui seront mises en débat dans la campagne", a expliqué le secrétaire général.
Et de conclure : "Bien sûr, l'union est un combat. Nous entendons bien nous exprimer de façon claire sur nos propositions. Notre position au sein de l'exécutif en sortira renforcée." C'est bien l'enjeu de cette alliance : malgré les différences idéologiques, exister dans l'ombre vaut mieux que disparaître complétement. Aujourd'hui, sept communistes siègent au sein du conseil municipal.
Quid du Front de gauche et d'EELV ? "Depuis des mois, nous avons un différend avec eux, reconnaît Denis Kermen. Il concerne l'autonomie par rapport au PS. Il n'y aura pas d'appel de notre part à des négociations entre les deux tours. Nous ne sommes pas dans cet état d'esprit. Mais il nous est impossible de fermer la porte."

Anne ROYER
20/11/2013

samedi 26 octobre 2013

Municipales 2014-"La fin d'une histoire politique" avec le PS à Limoges, selon Christian Audouin (lepopulaire.fr 21/09/2013)

Dans une interview accordée le 21 septembre à Florence Clavaud-Parent journaliste au quotidien Le Populaire, Christian Audouin, Président du groupe Limousin Terre de Gauche au Conseil Régional du Limousin explique: "Des alliances avec le PS ne peuvent être pensées qu’autour d’un programme partagé, en rupture avec la politique d’austérité. Et je suis en désaccord avec la conception qu’a le PS de l’union. Etre réduits au rang de chevalier servant, ce n’est pas acceptable. C’est évidemment à Limoges que cela pose le plus gros problème« , ajoutant : « Il n’y a rien qui ressemble aujourd’hui à une prénégociation avec le PS."


"ll n’y a rien, pour l’instant, qui ressemble à une prénégociation avec le Parti socialiste." Thomas Jouhannaud / Le Populaire du Centre - tous droits reserves
En cette rentrée politique, nous poursuivons notre série d’entretiens avec Christian Audouin. Tiraillés entre leurs amis du Front de gauche désireux de faire bande à part, et leur direction nationale plus nuancée, les communistes hésitent à partir seuls à la bataille à Limoges.
L'union historique PC\PS a du plomb dans l'aile à Limoges. Tournant leur regard vers des écologistes encore hésitants, certains communistes se verraient bien monter une liste indépendante au 1 er tour. Oui, mais.

Entre la ligne Mélenchon qui prône des listes autonomes, hors PS, et la ligne Laurent qui plaide pour des unions au cas par cas, où vous situez-vous ? Je me situe dans le collectif communiste qui travaille sur un calendrier précis, dont le moment décisif sera le vote des militants durant la 2e semaine d'octobre. Ce sont eux qui trancheront. Ils auront le choix entre une liste autonome ou une liste d'union, à Limoges comme ailleurs.
 
Qu'est-ce qui vous dérange au PS ? Les choses seraient plus faciles si François Hollande ne faisait pas une politique néolibéraliste malgré ses propres engagements. Des alliances avec le PS ne peuvent être pensées qu'autour d'un programme partagé, en rupture avec la politique d'austérité. Et je suis en désaccord avec la conception qu'a le PS de l'union. Etre réduits au rang de chevalier servant, ce n'est pas acceptable. C'est évidemment à Limoges que cela pose le plus gros problème.
 
Des discussions ont-elles commencé ? Il n'y en pas eu pour l'instant, du moins de parti à parti. D'individu à individu, c'est autre chose. En tout cas, il n'y a rien qui ressemble aujourd'hui à une prénégociation avec le PS. 
 
Vos conditions pour une alliance dès le 1 er tour ? Des conditions programmatiques. Il faudra discuter avec Alain Rodet sur la façon dont les députés socialistes votent sans sourciller toutes les mesures qui mettent en difficulté les collectivités locales. On ne peut pas concevoir une prochaine mandature sans transfert d'une part des investissements vers le social, sans garantie pour les services publics, sans réelle volonté politique en direction des associations, de la culture.

Mais jusqu'à présent, vos élus font partie de cette majorité municipale. Ils font du bon travail en fonction de l'espace qu'on leur accorde. Mais au départ, ce socle d'union ne s'est pas engagé sur un socle programmatique commun.
 
Cette mandature d'union qui s'achève est donc à vos yeux un échec ? Ce n'est pas un échec. C'est la fin d'une histoire politique.
 
Vous pourriez élargir votre possible démarche autonome à d'autres forces politiques ? Les Verts ? Pourquoi pas. Au conseil régional par exemple, nous nous retrouvons souvent sur le dossier ferroviaire, et sur des dossiers à connotation sociale et environnementale.
 
Ne pas partir à la bataille aux côtés du PS pourrait vous coûter des élus. A l'inverse, un ralliement du PC dès le 1 er tour peut écorner l'image du Front de gauche puisque tous ses partenaires ne le suivront pas. C'est le dilemme. Ne pas perdre d'élus est effectivement notre priorité, mais quelle que soit l'option choisie le Front de gauche ne serait pas menacé dans son existence, nos liens dépassent largement ces simples enjeux électoraux.
 
Cette absence de consensus ne risque-t-elle pas de vous nuire, de faire le lit du FN ? Compte tenu de ses prises de position idéologiques, de son discours sécuritaire, c'est l'UMP qui va devoir compter les points perdus. Si au soir du 1 er tour il devait y avoir hypermenace de la droite, de l'extrême droite, ici comme ailleurs, le moindre risque serait pris par le Front de Gauche. 
 
Florence Clavaud-Parant

mercredi 23 octobre 2013

Municipales à Lille : Hugo Vandamme, nouveau chef de file du Parti communiste (La Voix du Nord -10/10/2013)

Les communistes lillois ont désigné leur nouveau chef de file : Hugo Vandamme. L’actuel conseiller de 33 ans se sent d’attaque pour un second mandat. À six mois des municipales, sur la question d’une liste PC-Front de gauche, autonome du PS au premier tour, les communistes lillois continuent de parler au conditionnel. Reste que leur discours est un véritable coup de pression sur Martine Aubry et son équipe.


À l’unanimité, Hugo Vandamme a été désigné chef de file des communistes lillois.
 
C’est à l’unanimité (100 % des suffrages, une soixantaine de votants) qu’Hugo Vandamme vient d’être désigné par les militants communistes comme nouveau chef de file de la section lilloise du parti. C’est donc lui qui portera, au nom des « 300 militants » qui composent le groupe, le discours et les thèmes de campagne des six mois à venir. Chef de file veut-il dire tête de liste ? Pas si vite, répondent les communistes lillois. Car pour eux, entrer en campagne ne se résume pas à des discussions avec les composantes politiques de gauche, et à des calculs pour avoir quatre, six ou davantage d’élus, c’est « d’abord s’adresser à tous les Lillois qui ont le cœur à gauche », déclare Joseph Demeulemeester, secrétaire de section.

« Pas une évidence »

Le PC lillois veut se donner du temps car, pour la formation qui a toujours fait cause commune avec le PS aux municipales, les points de discorde, cette fois-ci, se cumulent. D’abord au niveau national : baisse des dotations de l’État (moins 4,5 milliards d’euros d’ici 2015), hausse de l’imposition pour « trop de gens dont les revenus n’augmentent pas », politique logement (avec le gel de l’APL), réforme des retraites, tarification « en cascade »… Et au niveau local : une absence de signes de désapprobation de la politique Hollande, une « absence de réponses sur de nombreux points », une « volonté de ne pas être clair » au sujet du MoDem… « Dans ce contexte, une liste d’alliance avec le PS n’est pas une évidence au premier tour », explique sobrement Joseph Demeulemeester.

Pas une évidence d’autant que le PC lillois a déjà engagé un travail sur une idée de liste avec le Front de gauche. « Les discussions portent sur les grands axes, sur le fond, sur la finalité de la campagne », avance le secrétaire de la section lilloise. « On a déjà fait quatre campagnes ensemble, régionales, européennes, présidentielle, et législatives », souligne Sylviane Delacroix, adjointe. Et puis, « sur plein de combats et d’actions, on est ensemble, l’audience du Front de gauche s’installe à Lille », affirme Hugo Vandamme.
Le jeune homme de 33 ans est entré au conseil municipal en 2008. Sur bien des questions, et notamment l’emploi (il est salarié de la Maison de l’emploi), il s’est montré offensif et a su faire entendre une voix parfois discordante, qui allait à contre-courant des socialistes. Ce fut flagrant sur le dossier b’Twin au Petit Maroc, ça l’est encore sur les emplois d’avenir. Le style Vandamme n’a rien à voir avec la consensuelle Michelle Demessine, proche de Martine Aubry (lire également ci-dessous). Avec Sylviane Delacroix, elle aussi très offensive, et toujours militante, le ton est donné, le changement se dessine.

Des réunions ouvertes à tous

La suite ? « On a deux options, résume Joseph Demeulemeester. Soit décliner localement la politique de rigueur, soit construire une ville contre l’austérité. » Le choix de la seconde option se décline déjà depuis quelques mois : sous la houlette d’Hugo Vandamme, des assemblées citoyennes ont été tenues et vont continuer à l’être. « Nous voulons mettre nos propositions dans le débat public, affirme-t-il. C’est l’une des bonnes manières de combattre l’abstention. Nous lançons un large appel aux Lillois à se mêler de politique ! » De nombreuses réunions ouvertes à tous vont rythmer les mois qui viennent pour « enrichir et finaliser un programme ». « Nous voulons développer la démocratie participative et répondre aux besoins des Lillois. » Ces besoins se trouvent dans le quotidien : le logement, la lutte contre l’insalubrité, contre « la marchandisation des services », pour un service public fort (eau, transports, stationnement, suivis de travaux, etc.). Sur l’emploi, le chef de file veut « une collectivité qui soit aux côtés des salariés qui luttent », qui soutienne le commerce local.
« Si le PS nous dit, on peut répondre à tout ça… » La phrase reste en suspens. Gageons que Martine Aubry et son équipe, qui voient d’un mauvais œil tout éparpillement des voix de gauche au premier tour, prendront très au sérieux ces réflexions.

Municipales à Bordeaux-Le PCF choisit l'autonomie et le rassemblement avec le Front de Gauche (Sud-Ouest 22/10/2013)


Vincent Maurin (au centre) et Natalie Victor-Retali (en rouge) sont les deux seuls élus PC de la ville.

Vincent Maurin (au centre) et Natalie Victor-Retali (en rouge) sont les deux seuls élus PC de la ville. (Photo Quentin Salinier)


Il n’y aura pas de liste commune PC/PS. Le conseiller municipal Vincent Maurin veut partir à la tête d’une liste Front de gauche au premier tour.

Le conseiller municipal communiste Vincent Maurin a annoncé hier qu’il se mettait en position pour conduire une liste Front de gauche en vue des élections municipales du printemps 2014. Désigné par les militants PC qui souhaitent majoritairement une liste conduite par lui, il lui reste à obtenir le feu vert du Front de gauche, ce qui devrait être fait courant novembre. Il partira donc seul à l’abordage du Palais Rohan, c’est-à-dire sans faire liste commune avec le candidat du Parti socialiste, Vincent Feltesse.

Si la liste ne sera pas connue avant Noël, les grands thèmes portés par Vincent Maurin ont été détaillés hier. À commencer par celui du logement, une question centrale selon lui : « Aujourd’hui, à Bordeaux, 80 % de l’offre de logements n’est accessible qu’à 20 % des acheteurs. Il faut rééquilibrer en portant la part du social à 50 % de toute opération nouvelle. »
Deuxième thème majeur : l’emploi. Vincent Maurin estime que la ville ne peut se contenter de « mutations internes » à l’agglomération, avec des opérations comme « Euratlantique ou les bassins à flot qui prennent des entreprises installées dans d’autres quartiers ». Le futur candidat veut mettre en avant deux filières insuffisamment exploitées à ses yeux : la construction/réparation nautique et l’électricité, autour de « la dernière grosse entreprise industrielle de Bordeaux : Saft ».

Concernant le nautisme, Vincent Maurin a réitéré son soutien au projet de refit (réparation de yachts de luxe aux bassins à flot) développé par le port et un groupement d’entreprises.
Enfin, dernier grand axe de campagne : la culture, qui doit miser sur l’aide aux petites structures présentées comme moribondes, sans laisser tomber pour autant les locomotives comme l’Opéra.

source: sudouest.fr

lundi 21 octobre 2013

Municipales 2014 à Paris- Le choix à haut risque des communistes (Roger Martelli-Blogs médiapart-20/10/2013)


Le PCF parisien ira donc officiellement aux élections municipales sur la liste conduite par la socialiste Anne Hidalgo. Une majorité (57 %) des adhérents qui se sont déplacés pour voter ont fait ce choix, proposé par la direction fédérale parisienne (à 67 %) et soutenu officiellement par le secrétaire national du parti lui-même. La démarche était quadruplement motivée : par le souci de continuité d’une politique municipale dont le PC ne s’est jamais démarqué sur le fond ; par les écarts ressentis entre la direction nationale du PS et la municipalité parisienne ; par l’acceptation socialiste locale d’un certain nombre de choix sociaux proposés par les communistes parisiens ; par la volonté de ne pas abandonner la perspective à terme d’un rassemblement de toute la gauche.
 
Personnellement, tout en considérant avec les communistes que le rassemblement était le fil rouge du Front de gauche et que « l’autonomie » n’était qu’une médiation pour y parvenir, j’ai jugé dès le départ que cet engagement parisien aux côtés du PS était une faute. Il porte d’abord le risque d’une immense confusion politique. Comment peut-on, en effet, récuser une politique nationale sociale-libérale, ouvertement choisie en 2012, et accepter une gestion par les mêmes dans des grandes métropoles qui sont le terrain par excellence du déploiement territorial de cette politique ? L’alliance conclue va d’autre part s’avérer un marché de dupes. La recomposition territoriale française, fondée sur « l’attractivité » des territoires, passe par la disparition de ce qui reste de la tradition sociale de « banlieue rouge ». Pour le PS, cette dilution passe par deux voies simultanées : le grignotage électoral des positions communistes (le modèle du « 93 ») et la voie législative de l’intégration métropolitaine. Quel que soit le choix communiste dans les grandes villes françaises, cette stratégie socialiste se poursuivra et s’amplifiera. Dès lors, à quoi bon la cautionner par avance, en participant à des alliances dominées par les socialistes ? Paradoxe, en tout cas : les écologistes, qui sont au gouvernement, seront en campagne sur une liste parisienne séparée, tandis que les communistes, qui critiquent le gouvernement, seront côte-à-côte avec les socialistes parisiens. Allez comprendre… En pleine affaire Leonarda, convenons que cela fait pour le moins désordre !

Les communistes ont pu constater, dans la dernière période, que la perspective d’une alliance locale avec le PS ébranlait les fondations du Front de gauche et qu’elle divisait les militants communistes eux-mêmes. Cela n’a pas été pris en compte. La direction du PCF affirme que son choix parisien ne remet pas en cause son engagement national et qu’il ne dit pas l’amorce d’un revirement stratégique. Je considère qu’il faut prendre cette affirmation au mot. Mais je regrette d’autant plus que le risque de fragilisation de la plus prometteuse alliance à gauche de ces trente dernières années ait été considéré comme moins important que le maintien de positions électorales locales aléatoires. Au fond, en 1998, l’alliance inédite du PCF et du PS aux élections régionales avait donné au PC la plus forte représentation régionale de son histoire : or il l’a payée du désastre électoral cuisant des années suivantes.

Que faire désormais ? En premier lieu, on doit souhaiter que s’offre la possibilité, dans la capitale, de voter pour une liste du Front de gauche fidèle à son esprit : qui ne sépare donc pas la nécessaire clarté politique (impliquant une critique raisonnée du social-libéralisme) et le souci du rassemblement le plus large (interdisant toute exclusive et toute mise en demeure). En second lieu, il est bon d’affirmer que le Front de gauche reste la seule issue et qu’il ne peut se priver aujourd’hui de quelque force que ce soit, quel que soit le choix conjoncturel ou la posture adoptés par telle ou telle de ces forces. En troisième lieu, on peut convenir que l’épisode malheureux témoigne des fragilités d’un Front de gauche qui se réduit encore trop au tête-à-tête du PCF et du Parti de gauche.

Faire du Front le lieu d’une véritable et prometteuse synergie, et non le terrain de stratégies particulières ; en tirer les conséquences en matière de fonctionnement : tel sont les enjeux des prochains mois. Ils conditionneront l’avenir même du Front de gauche. C’est dire qu’il en va de la dynamique de la gauche tout entière.

Roger Martelli, 

samedi 19 octobre 2013

Municipales à Paris: le PS partira uni avec le PC dès le 1er tour (msn.com 19/10/2013)


Les adhérents parisiens du PCF ont voté à 57% pour des listes communes avec le Parti socialiste dès le premier tour aux municipales à Paris, à la grande joie d'Anne Hidalgo (PS) qui réussit cette union comme Bertrand Delanoë en 2001 et 2008.
A côté des listes EELV, la candidate PS devra aussi affronter celles de Danielle Simonnet (Parti de gauche), mais cette dernière se retrouve donc privée de son principal allié au sein du Front de gauche né en 2009.

C’est pour moi une immense joie et une très grande fierté. C’est un formidable message qui est adressé à toute la gauche parisienne", a réagi Anne Hidalgo samedi soir à l'annonce des résultats, rappelant les 13 années de gestion commune PS-PCF qui "ont profondément changé Paris".

A l'inverse, Danielle Simonnet, qui est secrétaire nationale du PG, a regretté la décision des communistes, qualifiée d'"erreur politique". "Sans doute que le poids mis dans ce choix du secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, a été trop lourd pour permettre aux partisans communistes d’une liste Front de gauche de l’emporter", a-t-elle dit.

Pierre Laurent avait publiquement pris position pour l'union avec le PS, quelques jours après le vote du conseil départemental du PCF validant à 67% cette option.A ce choix pro-PS, comme le stipulait le bulletin de vote soumis aux adhérents, était assorti un accord "Paris 2014-2020" avec les socialistes, prévoyant que 13 sièges soient réservés au PCF au Conseil de Paris (contre 8 aujourd'hui, sans compter les deux élus PG). L'accord inclut aussi des propositions chères aux communistes, comme leur objectif des "30% de logements sociaux à l'horizon 2030" -repris il y a quelques semaines par Anne Hidalgo-, la mise en place de la gratuité des premiers m3 sous condition de ressources ou encore "la programmation d'embauches nettes de personnels titulaires pour tout nouvel équipement".

En définitive, au terme d'un vote de trois jours dans les sections d'arrondissement, 57% des près de 1.200 votants ont coché cette première option,et 43% celle de l'autonomie avec les autres principales composantes du FG, a annoncé samedi soir lors d'une conférence de presse Igor Zamichiei, patron de la fédération PCF de la capitale. Une majorité moins nette que celle dégagée lors du vote du conseil départemental, preuve qu'il y a eu "un fort débat" chez les militants, a reconnu M. Zamichiei.

"Les propos des responsables du PG ont braqué les communistes"

Après le vote des dirigeants parisiens du PCF, rendu public le 9 octobre, Eric Coquerel, du Parti de gauche, avait affirmé que "l'avenir du Front de gauche est en cause". Jean-Luc Mélenchon, coprésident du PG, avait déploré "un exemple désastreux".Ces derniers jours, sur fond d'affaire Leonarda, les proches de Jean-Luc Mélenchon avaient continué d'attiser la colère d'une partie de la gauche contre le gouvernement et ses "amis" comme Mme Hidalgo."Alors que la jeunesse se lève contre les conséquences inhumaines de la politique de Manuel Valls, est-il possible concrètement de faire des listes communes avec ses amis à Paris ?", a demandé vendredi sur son blog Alexis Corbière, un des deux conseillers de Paris du PG avec Mme Simonnet.

Pour Ian Brossat, chef de file des communistes parisiens, qui siège aux cotés de M. Corbière et Mme Simonnet au Conseil de Paris, l'affaire Leonarda n'aura finalement pas eu tellement d'incidence sur le vote.En revanche "les propos tenus par les responsables du Parti de gauche ces dernières semaines ont contribué à braquer les communistes", analysait-il samedi soir.

Pourquoi le choix de l'union avec le PS? "Si on veut faire un rassemblement majoritaire, il n'y a personne à exclure et actuellement l'attitude du Parti de gauche c'est plutôt l'exclusion", a répondu à l'AFP Gérard Pellois, adhérent de la section PCF du XIXe. "L'alliance avec le PS, moi je considère aussi que c'est un front de gauche", a ajouté cet employé de banque à la retraite.

 source: news.fr.msn.com

jeudi 10 octobre 2013

La direction parisienne du PCF pour une alliance avec le PS contre le Front de Gauche

Le conseil départemental du PCF de Paris a voté mardi soir à 67 % pour une alliance avec le PS dès le premier tour des municipales dans la capitale. 31 % ont voté contre et 2 % se sont abstenus. La décision définitive revient toutefois aux adhérents – ils seraient 4 000 dont la moitié à jour de cotisation – qui auront à trancher les 17, 18 et 19 octobre, entre deux options : s’allier avec le PS ou concourir avec le Parti de gauche et ses autres partenaires du Front de gauche.
  • Les partisans de l’alliance avec le PS, parmi lesquels figurent le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, sénateur de Paris, font valoir un accord de répartition des places éligibles qui prévoit de réserver au PCF, sur les listes d’Anne Hidalgo, 32 postes de conseillers d’arrondissement et 13 sièges au Conseil de Paris (contre 8 actuellement).
  • Ils se satisfont également d’avoir obtenu des socialistes des « avancées concrètes importantes », notamment sur leur objectif, repris par Anne Hidalgo, de « 30 % de logements sociaux à l’horizon 2030 », sur « la gratuité des premiers m3 d’eau ou la défense du service public de santé ».
  • La résolution du conseil départemental, dévoilée lors d’une conférence de presse mercredi, assure que « l’accord stratégique et programmatique avec le PS parisien (…) exprime clairement la nécessité de refuser toute politique d’austérité qui viendrait s’opposer à l’intérêt des Parisiens ».
A contrario, un cadre communiste déplore, sur le site du Monde, n’avoir pu obtenir du PG « la garantie que [le PCF aurait] une représentation politique actuelle qui reflète la composition actuelle du conseil de Paris ». D’autres auraient expliqué en conseil fédéral que le PG demandait la moitié des sièges.

Pour Eric Coquerel, secrétaire national du PG, ce ne sont que des « extrapolations » : « Les discussions ont été stoppé il y a longtemps parce qu’on estimait qu’il fallait d’abord que les communistes prennent une décision politique. » « Nous voulons que le PCF fasse un vote politique qui engage l’avenir du Front de gauche, abonde Alexis Corbière, un des deux conseillers de Paris du PG, qui déplore : « Ses responsables ne nous parlent que cuisine interne et répartition de sièges. » Avant de faire observer que les 5 élus supplémentaires promis au PCF par le PS correspondent aux 5 élus MRC, dont le groupe n’existera plus dans la prochaine mandature. Et ne rééquilibreront donc pas les rapports de force au sein du Conseil de Paris, les socialistes prévoyant de conserver le même nombre d’élus.

Ce matin, avant l’annonce publique des préférences de la direction parisien, Jean-Luc Mélenchon déplorait sur son blog que le Front de gauche soit « enfoncé jusqu’aux essieux dans les jeux politiciens à Paris », avec des conséquences pour celui-ci qui ne se limite pas à la capitale : « On pouvait avaler bien des couleuvres. Mais pas Paris ! »

Michel SOUDAIS

source:  politis.fr (9/10/2013)

mardi 24 septembre 2013

À Dieppe, les accords PS/PCF déjà foulés au pied

 Sébastien JUMEL-Maire PCF de Dieppe

Alors que le patron du PCF, Pierre Laurent, veut « battre la droite, partout » en faisant des alliances avec le PS aux prochaines municipales, certains socialistes ne s’encombrent pas de ces considérations et iront se présenter contre leurs « alliés » communistes.

Après Saint-Denis, où le PS Mathieu Hanotin a décidé de se présenter contre le maire communiste, Dieppe se prépare à un duel PS/PCF, indique un journal local. Le PS Alain Le Vern, ancien président du conseil régional, vient ainsi de démissionner de ses mandats à la Région et au Sénat afin d’avoir les mains libres pour ignorer l’accord PS/PC, et se présenter au printemps contre l’actuel maire communiste, Sébastien Jumel.

Celui-ci avait, en 2008, battu la droite dès le premier tour grâce à la liste commune PCF/PS/Verts « Rassemblés, Dieppe avance »… Six ans plus tard, l’union de la gauche est, à Dieppe, un lointain souvenir. Et la droite pourrait bien en profiter.

Source: .politis.fr  (18/09/2013)

Le PS s'attaque au bastion communiste de Saint-Denis



 Didier PAILLARD-Maire PCF de Saint-Denis (93)

 
Sa candidature n'est pas une surprise, mais elle augure d'une belle bataille à Saint-Denis. Le député socialiste de la Seine-Saint-Denis, Mathieu Hanotin, également conseiller général, vient d'annoncer sa candidature à la mairie, détenue par le communiste Didier Paillard, depuis 2004. Une ville symbole pour le PCF, qui y a installé son premier maire dès les années 1920 et qui a déjà affronté une liste PS, en 2008. Depuis, les socialistes y sont dans l'opposition.

M. Hanotin n'est pas tout à fait un inconnu dans la ville. Aux législatives de juin 2012, ce proche du président de l'Assemblée nationale et ancien président du conseil général, Claude Bartolone, a ravi la circonscription à un ancien communiste, Patrick Braouezec. Mercredi 28 août, le jeune député a reçu sur Twitter le soutien de Bruno Le Roux, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, qui lui a souhaité "une bonne campagne". "Aucun risque de droite à Saint-Denis,...

Source: lemonde.fr  (29/08/2013)