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samedi 9 août 2014

Quimper. Près de 300 personnes en soutien à la Palestine rassemblées (letelegramme.fr 9/08/2014)



 
Le collectif d'associations pour la paix en Palestine s'est à nouveau réuni ce samedi, à 15h, sur le plateau de la Déesse à Quimper. Le rassemblement a été suivi d'une manifestation. Près de 300 personnes ont défilé dans les rues en agitant pancartes et drapeaux. Le cortège a également effectué un "die-in" sur la place Saint-Corentin, en s'allongeant une minute sur le sol en guise de protestation.
 


Gaza. Nouvelle manifestation de soutien aux Palestiniens à Quimper (OF.fr 9/08/2014)




25 associations et organisations ont appelé à manifester ce samedi à Quimper (Finistère) en solidarité au peuple palestinien. Le défilé s'est déroulé dans le calme.

« Gaza, Palestine, c'est l'humanité qu'on assassine ! » « Vite, vite, un État palestinien! » « Une seule solution : arrêter l'occupation ! » C'est au son de ces slogans et de bien d'autres qu'une centaine de personnes selon la Police et 300 selon les organisateurs ont manifesté leur soutien au peuple palestinien, ce samedi après-midi, à Quimper.

Le cortège s'est ébranlé au départ du plateau de la Déesse avant de regagner la place Saint-Corentin. Là, ont été égrenés les noms de victimes palestiniennes tuées ces dernières semaines par des Israéliens dans la bande de Gaza. Des minutes de silence ont également été observées.

25 organisations et associations et de simples citoyens ont pris part au défilé (1). Gabriel Brun, un communiste de 84 ans, est l'un d'eux : « J'ai toujours été un partisan de la paix. Je demande l'arrêt des hostilités, de l'extermination du peuple palestinien et la reconnaissance d'un état palestinien. »

Yves Jardin, de l'association France Palestine solidarité, était l'un des coordinateurs de la manifestation. « C'est le 6e rassemblement que l'on tient à Quimper. On demande la paix, la levée du blocus de la bande de Gaza et l'arrêt des bombardements. »

(1) L'association France Palestine solidarité, Amnesty international Quimper, l'Association républicaine des anciens combattants (Arac), la CGT, Europe écologie Les Verts, le Front de gauche, la Ligue des droits de l'Homme Quimper, le Mouvement pour la paix, et bien d'autres...

source: ouest-france.fr

vendredi 8 août 2014

Gaza de nouveau sous le feu israélien (L'Humanite.fr 8/08/2014)



Les hostilités ont repris vendredi matin dans la bande de Gaza avec des tirs de roquettes palestiniennes, et une riposte israélienne meurtrière. Faute d'accord sur la levée du blocus qui asphyxie Gaza depuis 2006, les négociations du Caire semblent dans l'impasse.

LE MACABRE DECOMPTE RECOMMENCE A GAZA

Les hostilité ont repris à Gaza. Premières victimes depuis la fin de la trève : un enfant palestinien de 10 ans tué et six autres bléssés dans un raid de l'aviation israélienne près d'une mosquée dans la ville de Gaza.
Malgré le spectre d'une nouvelle effusion de sang, le cessez-le-feu en vigueur depuis mardi a donc volé en éclat à 8 heures locales (5h00 GMT), après un mois de guerre, sans qu'Israéliens et Palestiniens ne parviennent à s'entendre sur sa prolongation lors de discussions indirectes au Caire avec l'entremise des Egyptiens.
 

LES TIRS DE ROQUETTES REPRENNENT, LA RISPOSTE  DE L'AVIATION ISRAELIENNE EST MEURTRIERE

Le Jihad islamique a revendiqué trois tirs de roquettes vers Ashkelon, ce vendredi matin vers 8h. Des milliers de Gazaouis ont donc commencé à fuir leurs maisons à l'est de la ville de Gaza dans la crainte de frappes israéliennes.
Israël est resté silencieux pendant plus de deux heures. Puis "le Premier ministre et le ministre de la Défense ont ordonné (à l'armée israélienne) de riposter vigoureusement à la violation du cessez-le-feu par le Hamas". Peu après, l'armée annonçait avoir "pris pour cible des sites terroristes à travers la bande de Gaza".
 
Effectivement, la ville de Gaza, Jabaliya, dans le nord de l'enclave, et le centre du territoire ont essuyé des frappes aériennes. Des tirs d'artillerie ont retenti à l'est et au nord de la ville de Gaza. Un enfant palestinien a été tué.
 

ISRAEL REFUSE LA LEVEE DU BLOCUS

Le point d'acchoppement des négociations est principalement la levée du blocus qui asphyxie les Palestiniens, et sans laquelle, selon l'autorité palestinienne, "les morts palestiniens n'auraient servi à rien". 
 
Soucieux de dicter leurs termes aux négociations et de ne pas paraître céder aux revendications du Hamas, les Israéliens avaient pris les devants dès mercredi soir et annoncé accepter une prolongation illimitée du cessez-le-feu, sous réserve qu'elle ne soit assortie d'aucune condition. Ils avaient cependant prévenu sur tous les tons que leur armée, totalement retirée du territoire mais positionnée non loin, se tenait prête à répondre à toute éventualité. "Je ne suis pas sûr que la bataille soit terminée", avait affirmé jeudi le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu sur la chaîne américaine Fox News.
 
L'opération "Bordure protectrice" déclenchée le 8 juillet par Israël a tué 1 891 Palestiniens, dont 431 enfants et adolescents, selon le ministère palestinien de la Santé. Selon l'Unicef, 73% des victimes sont des civils. Côté israélien, 64 soldats et trois civils ont péri. La guerre a déjà anéanti l'économie de ce territoire exigu de 41 km de long sur 12 km de large au maximum (encore réduit depuis le début de l'attaque par l'instauration d'un zone dite "tampon" par l'armée israélienne, le long de la frontière mais en territoire palestinien), sur lequel 1,8 million de personnes coincées entre Israël, l'Egypte et la Méditerranée tentent de survivre à un blocus imposé depuis 2007 par l'Etat hébreu.
 
Eugénie BARBEZAT
 
source: humanite.fr

Palestine-Nouveau rassemblement samedi 9 août-15 heures-plateau de la Déesse à Quimper (au pied du Mont Frugy)




Quand les canons grondent,
   nous ne nous taisons pas !  *
       
         Une nouvelle fois le gouvernement israélien a déclenché un déluge de feu sur Gaza. Il vient de franchir une nouvelle étape en ajoutant l’attaque terrestre aux bombardements aériens massifs et aux tirs des navires. Devant cette situation dramatique, les gouvernements occidentaux se cantonnent une nouvelle fois à « dénoncer l’engrenage de la violence », sans désigner le responsable de cette nouvelle tragédie, et appelant seulement le gouvernement israélien à la « retenue ». Le président de la République est même allé jusqu’à cautionner l’agression d’Israël contre la population de Gaza. Cette position est injuste, partisane et contraire au droit international et aux Droits de l’Homme concernant les forces d’occupation en territoires occupés. Elle cautionne les représailles militaires et l’usage disproportionné de la force contre les Palestiniens, avec la mort au matin du 4 août d’au moins  1888 personnes (dont 84 % de civils) .

         L’Union Européenne accorde des avantages économiques à Israël. Ces accords sont conditionnés au respect des droits humains, bafoués par la colonisation et la construction du Mur, illégales au regard du droit international. Pour dénoncer la passivité  coupable de nos gouvernants et obtenir des actions concrètes de la France auprès du pouvoir israélien et du Conseil de Sécurité de l’ONU. Devant cette situation, nous appelons à un :

RASSEMBLEMENT
PLATEAU  DE  LA  DÉESSE  A  QUIMPER  
( AU PIED DU MONT FRUGY)
SAMEDI  9  AOÛT     A  15  H

-Pour l’arrêt immédiat des bombardements sur Gaza
-Pour l’arrêt de l’agression israélienne en Cisjordanie et     
 à Jérusalem
-Pour la levée du blocus, illégal et criminel, de Gaza
-Pour des sanctions immédiates contre Israël jusqu’au respect du droit international
-Pour le soutien au gouvernement palestinien  d’entente nationale
-Pour un soutien aux organisations palestiniennes et israéliennes qui appellent aux négociations et à la paix sur les bases ci-dessus.


A l’appel de : Association Culturelle Musulmane de Quimper, Association  Culturelle Turque de Quimper,  Association France-Palestine Solidarité, Amnesty International-Quimper, Association Républicaine des Anciens Combattants, Association des Travailleurs et Commerçants Marocains, ATTAC, CCFD-Terre Solidaire-Quimper,, CGT, CIMADE, Comité de Jumelage Douarnenez-Rashidiyeh, El Djazaïr,  Ensemble, Europe Ecologie Les Verts, Front de Gauche, La Gauche…Naturellement (Pays Fouesantais), Ligue des Droits de l’Homme-Quimper, Mouvement de la Paix, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti Communiste Français, Pax Christi, Peuples Solidaires, Parti de Gauche-Comité de Cornouaille, Union Démocaratique Bretonne…


* Mot d’ordre de la manifestation organisée le 9 juillet, à Tel Aviv, devant le Ministère de la Défense, par la Coalition des Femmes pour la Paix. 

Gaza : Crimes de guerre à Khouza’a (L'Humanité 6/08/2014)


Corps amoncelés dans une maison, cadavres avec les pieds liés… Les témoignages révèlent les horreurs commises par l’armée israélienne. 
 
Gaza (Palestine), envoyé spécial. Les habitants du village de Khouza’a, qui jouxte la frontière avec Israël, à l’est de Khan Younès, n’ont pu regagner leurs habitations, ou ce qu’il en reste, que le vendredi 1er août. Malgré de multiples tentatives les jours précédents, ils ont dû attendre une trêve et le retrait des chars israéliens qui barraient l’accès. Ce qu’ils ont découvert a dépassé toutes les horreurs. Cette localité de 13 000 habitants, connue pour être un havre de paix dans cette rude bande de Gaza, a été quasiment rasée par le flot de bombes et de missiles qui s’est abattu dès l’offensive terrestre israélienne. « Lorsque je suis revenu, je n’arrivai même pas à me repérer. On ne nous traite pas comme des êtres humains », certifie Jamal Al Najjar. L’Humanité a rendu compte du calvaire vécu par ces Palestiniens, dont certains ont été arrêtés, frappés, détenus pendant trois jours pour interrogatoire sans que quiconque ne parle d’« acte barbare ». Les récits qui suivent se sont déroulés durant les deux dernières semaines.

L’armée israélienne empêchait les secours d’accéder à la zone

La vérité sur ce qui s’est passé à Khouza’a commence à éclater, terrible. Sous les décombres, de nombreux corps ont été retrouvés : des habitants coincés, incapables de fuir, pris au piège sous le déluge de bombes. Un cas de crime de guerre caractérisé. D’autant que même les secours n’ont pu accéder à la zone, empêchés par l’armée israélienne. Un des quartiers de ce gros village est essentiellement occupé par une famille étendue, les Al Najjar. Nous rencontrons Ahmed, qui nous emmène dans une maison, en lisière du village, face à la frontière. Dans la salle de bains une odeur pestilentielle se dégage encore. Le sol est d’un noir de sang séché mélangé à de la poussière. Sur les carreaux blancs des murs, des éclaboussures de sang et des dizaines d’impacts de balles. À l’extérieur, le mur ne présente aucune trace. C’est là qu’Ahmed a retrouvé son fils Bilal, 22 ans, couché sous un amoncellement de corps. Ils étaient six. Selon les renseignements obtenus par le père, Bilal et ses camarades ont été arrêtés dans les rues et ont été emmenés dans la maison par des forces spéciales. « C’étaient des civils. Un de mes fils a reconnu son frère à cause de ses chaussures parce que les cadavres étaient en état de décomposition », affirme-t-il. Quand bien même ce seraient des combattants, leur mort, une exécution sommaire, s’apparente, là encore, à un crime de guerre. Les identités des cinq autres ne sont pas connues. « Nous les avons enterrés tous ensemble avec des numéros pour pouvoir l’indiquer à leurs familles après la guerre », dit Ahmed. Autre témoignage, quelques rues plus loin. Celui de Mohammed Al Najjar, 62 ans, qui a retrouvé son beau-fils, Wasfi, 27 ans, mort à même le sol, près de la mosquée Ibed el Rahman. « Il avait les pieds liés par une corde et un trou au milieu du front », décrit-il avec émotion. « Depuis 1967, j’ai vécu plus d’une guerre menée par les Israéliens. Mais ça n’a jamais été comme ça. Ils veulent nous effacer de l’humanité. » La femme de Wasfi, enceinte, doit maintenant élever ses deux enfants toute seule. L’histoire de Bassam Al Najjar, 31 ans, est tout aussi éloquente au sujet des exactions commises par l’armée israélienne à Khouza’a. « Le jour de l’invasion terrestre, beaucoup de gens du quartier se sont regroupés. Nous étions environ 170, hommes, femmes, enfants, dans une maison où nous pensions être à l’abri des bombardements. Mais le patio a été touché et nous nous sommes réfugiés dans la maison mitoyenne où nous pouvions entrer sans sortir dans la rue. Mais au milieu de la nuit, les obus sont tombés de façon encore plus intense. Nous avons tenté de joindre la Croix-Rouge et des leaders palestiniens, qui nous ont dit que les Israéliens n’acceptaient pas notre évacuation. Vers 6 h 30, le matin du 25 juillet, nous avons pris le risque de sortir. Nous avons brandi un drapeau blanc et avons commencé à marcher vers Abassane. Nous sentions des balles siffler au-dessus de nos têtes. Des éclats ont blessé légèrement un homme du groupe. C’est alors que nous avons aperçu un char. On s’est tous mis à genoux, les mains en l’air. On est resté environ une heure comme ça. Le char tirait au-dessus de nous et lançait des bombes qui faisaient du bruit, sans éclats. Mais un homme de 55 ans, Mohammed, a été touché au côté droit de la poitrine. Il était juste à côté de moi. Je n’ai rien pu faire. Il a agonisé pendant dix minutes puis est mort. Par la suite, le char a avancé vers nous. On pensait qu’on allait mourir. Un soldat est sorti de sa tourelle, nous a filmés puis a demandé, en arabe, que l’un d’entre nous vienne discuter. Nous avons envoyé Haytham Al Najjar avec un drapeau blanc. On nous a ensuite autorisés à partir après que les hommes et les adolescents ont soulevé leurs chemises pour montrer qu’ils n’avaient pas d’armes ni d’explosifs. Nous avons emmené le corps de Mohammed mais même à ce moment-là ils tiraient au-dessus de nos têtes. » Tous aujourd’hui pleurent leurs morts et la destruction de leur village. Ils sont encore logés dans des écoles de l’ONU, dans le dénuement le plus total. Tous se demandent si on leur rendra justice. « Je n’aurais jamais pensé qu’en 2014 une armée puisse agresser un peuple de cette manière », dit Bassam, le visage dur.

Pierre BARBANCEY 
envoyé spécial de "l'Humanité"

source: humanite.fr

mercredi 6 août 2014

L'appel de 26 organisations. Gaza : un rassemblement samedi à Quimper (Ouest-France 5/08/2014)




26 organisations appellent à un rassemblement en soutien à la population palestinienne. Même si la trêve tient, les tensions vont demeurer.

Le jour même où l'armée israélienne amorce son repli de Gaza, 26 associations cornouaillaises lancent un appel à un rassemblement de soutien à la population palestinienne, samedi 9 août à 15 h, plateau de la Déesse à Quimper.

" Nous réclamons l'arrêt immédiat des bombardements sur Gaza, déclare Yves Jardin (France Palestine Solidarité). Mais tant que le blocus de Gaza se poursuivra, tout pourra recommencer à n'importe quel moment. Il faut contraindre Israël à respecter le droit international."

Palestine. La mobilisation continue (Le Télégramme 6/08/2014)


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Les différents représentants du collectif d'associations pour la paix en Palestine se sont réunis, hier, pour organiser le rassemblement qui aura lieu samedi. . 
Le collectif d'associations pour la paix en Palestine appelle à un rassemblement samedi, à 15 h, sur le plateau de la Déesse. Quand les canons grondent, les organisations ne se taisent pas. Ni à Tel-Aviv, ni à Quimper.
« Je commencerai par rappeler l'importance des pertes humaines ».
L'annonce du triste bilan fait désormais office de rituel pour Yves Jardin, président de l'association France - Palestine solidarité. Plus de 1.800 Palestiniens tués, dont près de 84 % de civils... Les chiffres sont « effarants », et laissent transparaître un conflit « inhumain et inacceptable ». Les vingt-six associations et partis appellent donc à un autre rassemblement samedi, sur le plateau de la Déesse, au pied du mont Frugi, à 15 h.

« Parler de massacre, c'est le minimum »

En dépit de la trêve de 72 h entrée en vigueur hier matin, la mobilisation ne faiblit pas. Rien n'est acquis, tout reste encore à espérer. D'Israël, mais aussi du gouvernement français, dont les récentes déclarations sonnent enfin le glas d'« inacceptables exemples de partialité ». Entre autres, l'abstention de la France au Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU pour la mise en place d'une commission d'enquête sur les crimes de Gaza. Quant à ce qu'ils qualifient prudemment de « changement d'attitude du gouvernement français », les représentants quimpérois restent sur leurs gardes. Pour Yvonne Rainero, du PCF, « parler de massacre, c'est le minimum ». Elle décrit, avec indignation, un horizon qui, au fil de ses voyages, n'a cessé de rétrécir comme peau de chagrin. Yves Jardin continue lui aussi de fustiger ces « crimes commis en toute impunité. Des crimes sans restriction. Des crimes contraires aux lois de la guerre ». Ce que ces vingt-six associations et partis attendent, ce sont aussi des « mesures concrètes ». Dans l'immédiat, la levée du blocus, l'arrêt des bombardements, et la suspension de l'accord d'association entre Israël et l'Union européenne.

Dans l'attente de mesures concrètes

Yvonne Rainero est formelle : « Sans ces mesures, ça recommence... Ça va recommencer ». Elle espère sans doute pouvoir rapidement scander la formule beckettienne : « C'est fini, ça va finir ». Mais pour que cela finisse, « des sanctions sont nécessaires ». Sur ce point, les représentants quimpérois s'accordent : « Il n'y a pas de solution possible sans la fin de la colonisation ».

« M. Hollande, vous êtes comptable d'une certaine idée de la France qui se joue à Gaza » (lemonde.fr 4/08/2014)

François Hollande, le 24 juillet à l'Elysée.
« Quand la violence crée une spirale incontrôlée et la mort de 300 civils innocents, la situation exige une réponse urgente et déterminée », viennent d'indiquer à bon escient le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, au moment d'élever au niveau 3 les sanctions économiques contre la Russie.

On ne sait pas si le président russe, Vladimir Poutine, où l'un de ses subordonnés, a donné l'ordre de faire sauter en vol le Boeing 777 de la Malaysia Airlines. Mais il y a déjà cinq fois plus de civils innocents massacrés à Gaza, ceux-là soigneusement ciblés et sur l'ordre direct d'un gouvernement. Les sanctions de l'Union européenne contre Israël restent au niveau zéro. L'annexion de la Crimée russophone déclenche indignation et sanctions. Celle de la Jérusalem arabophone nous laisserait impavides ? Peut-on à la fois condamner M. Poutine et absoudre M. Nétanyahou ? Encore deux poids deux mesures ?

Nous avons condamné les conflits interarabes et intermusulmans qui ensanglantent et décomposent le Moyen-Orient. Ils font plus de victimes locales que la répression israélienne. Mais la particularité de l'affaire israélo-palestinienne est qu'elle concerne et touche à l'identité des millions d'Arabes et musulmans, des millions de chrétiens et Occidentaux, des millions de juifs dispersés dans le monde.

RÉSISTER AU MENSONGE

Ce conflit apparemment local est de portée mondiale et de ce fait a déjà suscité ses métastases dans le monde musulman, le monde juif, le monde occidental. Il a réveillé et amplifié anti-judaïsme, anti-arabisme, anti-christianisme (les croisés) et répandu des incendies de haine dans tous les continents.
Nous avons eu l'occasion de nous rendre à Gaza, où il existe un Institut culturel français ; et les SOS que nous recevons de nos amis sur place, qui voient les leurs mourir dans une terrible solitude, nous bouleversent. N'ayant guère d'accointances avec les actuels présidents du Conseil et de la Commission européens, ce n'est pas vers ces éminentes et sagaces personnalités que nous nous tournons mais vers vous, François Hollande, pour qui nous avons voté et qui ne nous êtes pas inconnu. C'est de vous que nous sommes en droit d'attendre une réponse urgente et déterminée face à ce carnage, comme à la systématisation des punitions collectives en Cisjordanie même.

Les appels pieux ne suffisent pas plus que les renvois dos à dos qui masquent la terrible disproportion de forces entre colonisateurs et colonisés depuis quarante-sept ans. L'écrivain et dissident russe Alexandre Soljenitsyne (1918-2008) demandait aux dirigeants soviétiques une seule chose : « Ne mentez pas. » Quand on ne peut résister à la force, on doit au moins résister au mensonge. Ne vous et ne nous mentez pas, monsieur le Président.

L'ENFERMEMENT COMPLET N'EST NI VIABLE NI HUMAIN

On doit toujours regretter la mort de militaires en opération, mais quand les victimes sont des civils, femmes et enfants sans défense qui n'ont plus d'eau à boire, non pas des occupants mais des occupés, et non des envahisseurs mais des envahis, il ne s'agit plus d'implorer mais de sommer au respect du droit international.

La France est bien placée pour initier un mouvement des grands pays européens pour la suspension de l'accord d'association entre Israël et l'UE, accord conditionné au respect de nos valeurs communes et des accords de paix souscrits par le passé. De même pourrait-elle faire valoir qu'un cessez-le-feu qui déboucherait sur un retour au statu quo ante, lui-même déjà intolérable, ne ferait que contribuer au pourrissement de la situation et donc au retour de l'insécurité pour les uns comme pour les autres.
L'enfermement complet n'est ni viable ni humain. Pourquoi la police européenne ne pourrait-elle revenir sur tous les points de passage entre Gaza et l'extérieur, comme c'était le cas avant 2007 ?

APARTHEID

Nous n'oublions pas les chrétiens expulsés d'Irak et les civils assiégés d'Alep. Mais à notre connaissance, vous n'avez jamais chanté La Vie en rose en trinquant avec l'autocrate de Damas ou avec le calife de Mossoul comme on vous l'a vu faire sur nos écrans avec le premier ministre israélien au cours d'un repas familial.

L'extrême droite israélienne vous semblant moins répréhensible que l'extrême droite française, à quelque chose cette inconséquence pourrait être bonne : faciliter les échanges et les pressions au nom de valeurs communes.
Israël se veut défenseur d'un Occident ex-persécuteur de juifs, dont il est un héritier pour le meilleur et pour le pire. Il se dit défenseur de la démocratie, qu'il réserve pleinement aux seuls juifs, et se prétend ennemi du racisme tout en se rapprochant d'un apartheid pour les Arabes.

UN HOMME POLITIQUE SE DOIT DE MONTER EN PREMIÈRE LIGNE

L'école stoïcienne recommandait de distinguer, parmi les événements du monde, entre les choses qui dépendent de nous et celles qui ne dépendent pas de nous. On ne peut guère agir sur les accidents d'avion et les séismes – et pourtant vous avez personnellement pris en main le sort et le deuil des familles des victimes d'une catastrophe aérienne au Mali. C'est tout à votre honneur. A fortiori, un homme politique se doit de monter en première ligne quand les catastrophes humanitaires sont le fait de décisions politiques sur lesquelles il peut intervenir, surtout quand les responsables sont de ses amis ou alliés et qu'ils font partie des Nations unies, sujets aux mêmes devoirs et obligations que les autres Etats. La France n'est-elle pas un membre permanent du Conseil de sécurité ?
Ce ne sont certes pas des Français qui sont directement en cause ici, c'est une certaine idée de la France dont vous êtes comptable, aux yeux de vos compatriotes comme du reste du monde. Et il ne vous échappe pas que faux-fuyants et faux-semblants ont une crédibilité et une durée de vie de plus en plus limitées.

samedi 2 août 2014

Communiqué d' Une Autre Voix Juive sur la Manifestation du 31 Juillet en faveur d’Israël

Une Autre Voix Juive proteste solennellement contre l’Appel de Serge Klarsfeld incitant les fils et filles de déportés juifs à soutenir la politique israélienne actuelle. Les déportés juifs, les fils et filles de déportés juifs signataires du Manifeste Une Autre Voix Juive (UAVJ) n’entendent pas se laisser déposséder ainsi de leur liberté de choix . Ils et elles sont révoltés qu’on puisse instrumentaliser la déportation des Juifs par les nazis au profit d’une politique de massacres de populations civiles et d’enfants comme c’est le cas aujourd’hui à Gaza.
Non, la politique israélienne ne « se bat pas pour les démocrates du monde entier » ; la politique israélienne couvre de honte et de sang le drapeau israélien ;
Les dirigeants israéliens font embastiller les voix héroïques qui, en Israël s’opposent à ce qu’on commette en leur nom des crimes de guerre.
Non la politique israélienne ne vise pas le Hamas mais tout un peuple qui réclame les droits fondamentaux auxquels Israël a souscrit par sa déclaration d’indépendance.

Non, la colonisation n’est pas la démocratie. Non, bafouer les droits d’un peuple et les fouler aux pieds, ce n’est pas la démocratie.

Non cette guerre n’est pas notre guerre ; c’est l’antipode de ce pour quoi nous luttons et pour quoi nos parents ont lutté.
Israël n’a aucun droit de se présenter en représentant du peuple juif et le territoire d’Israël n’est pas le nôtre.
Plus que jamais Une Autre Voix juive appelle toute citoyenne et tout citoyen français juif à s’opposer à une telle manipulation. La seule voie pour la sécurité d’Israël est l’arrêt immédiat et inconditionnel du feu sur Gaza et l’engagement de négociations véritables pour une paix juste et négociée au proche Orient.

Une Autre Voix Juive
le 30/07/2014

vendredi 1 août 2014

Dominique de Villepin : «Lever la voix face au massacre perpétré à Gaza» (Le Figaro.fr 31/07/2014)



Dans une tribune publiée dans Le Figaro, l'ancien premier ministre s'inquiète du silence de la France face à l'escalade de la violence entre Israéliens et Palestiniens. Il appelle de ses vœux une interposition de l'ONU.
Dominique de Villepin est avocat. Il a été ministre des Affaires étrangères et premier ministre de Jacques Chirac. 

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Lever la voix face au massacre qui est perpétré à Gaza, c'est aujourd'hui, je l'écris en conscience, un devoir pour la France, une France qui est attachée indéfectiblement à l'existence et à la sécurité d'Israël mais qui ne saurait oublier les droits et devoirs qui sont conférés à Israël en sa qualité d'État constitué. Je veux dire à tous ceux qui sont tentés par la résignation face à l'éternel retour de la guerre qu'il est temps de parler et d'agir. Il est temps de mesurer l'impasse d'une France alignée et si sûre du recours à la force. Pour lever le voile des mensonges, des omissions et des demi-vérités. Pour porter un espoir de changement. Par mauvaise conscience, par intérêt mal compris, par soumission à la voix du plus fort, la voix de la France s'est tue, celle qui faisait parler le général de Gaulle au lendemain de la guerre des Six-Jours, celle qui faisait parler Jacques Chirac après la deuxième intifada. Comment comprendre aujourd'hui que la France appelle à la «retenue» quand on tue des enfants en connaissance de cause? Comment comprendre que la France s'abstienne lorsqu'il s'agit d'une enquête internationale sur les crimes de guerre commis des deux côtés? Comment comprendre que la première réaction de la France, par la voix de son président, soit celle du soutien sans réserve à la politique de sécurité d'Israël? Quelle impasse pour la France que cet esprit d'alignement et de soutien au recours à la force.
Je crois que seule la vérité permet l'action. Nous ne construirons pas la paix sur des mensonges. C'est pour cela que nous avons un devoir de vérité face à un conflit où chaque mot est piégé, où les pires accusations sont instrumentalisées.

Ayons le courage de dire une première vérité: il n'y a pas en droit international de droit à la sécurité qui implique en retour un droit à l'occupation et encore moins un droit au massacre. Il y a un droit à la paix qui est le même pour tous les peuples. La sécurité telle que la recherche aujourd'hui Israël se fait contre la paix et contre le peuple palestinien. En lieu et place de la recherche de la paix, il n'y a plus que l'engrenage de la force qui conduit à la guerre perpétuelle à plus ou moins basse intensité. L'État israélien se condamne à des opérations régulières à Gaza ou en Cisjordanie, cette stratégie terrifiante parce qu'elle condamne les Palestiniens au sous-développement et à la souffrance, terrifiante parce qu'elle condamne Israël peu à peu à devenir un État ségrégationniste, militariste et autoritaire. C'est la spirale de l'Afrique du Sud de l'apartheid avant Frederik De Klerk et Nelson Mandela, faite de répression violente, d'iniquité et de bantoustans humiliants. C'est la spirale de l'Algérie française entre putsch des généraux et OAS face au camp de la paix incarné par de Gaulle.

Il y a une deuxième vérité à dire haut et fort: il ne saurait y avoir de responsabilité collective d'un peuple pour les agissements de certains. Comment oublier le profond déséquilibre de la situation, qui oppose non deux États, mais un peuple sans terre et sans espoir à un État poussé par la peur? On ne peut se prévaloir du fait que le Hamas instrumentalise les civils pour faire oublier qu'on assassine ces derniers, d'autant moins qu'on a refusé de croire et reconnaître en 2007 que ces civils aient voté pour le Hamas, du moins pour sa branche politique. Qu'on cite, outre les États-Unis, un seul pays au monde qui agirait de cette façon. Même si les situations sont, bien sûr, différentes, la France est-elle partie en guerre en Algérie en 1995-1996 après les attentats financés par le GIA? Londres a-t-elle bombardé l'Irlande dans les années 1970?

Troisième vérité qui brûle les lèvres et que je veux exprimer ici: oui il y a une terreur en Palestine et en Cisjordanie, une terreur organisée et méthodique appliquée par les forces armées israéliennes, comme en ont témoigné de nombreux officiers et soldats israéliens écœurés par le rôle qu'on leur a fait jouer. Je ne peux accepter d'entendre que ce qui se passe en Palestine n'est pas si grave puisque ce serait pire ailleurs. Je ne peux accepter qu'on condamne un peuple entier à la peur des bombardements, à la puanteur des aspersions d'«eau sale» et à la misère du blocus. Car je ne peux accepter qu'on nie qu'il y a quelque chose qui dépasse nos différences et qui est notre humanité commune.

Il n'y a aujourd'hui ni plan de paix, ni interlocuteur capable d'en proposer un. Il faut tout reprendre depuis le début. Le problème de la paix, comme en Algérie entre 1958 et 1962, ce n'est pas «comment?», c'est «qui?».

Il n'y a pas de partenaire en Palestine car les partisans de la paix ont été méthodiquement marginalisés par la stratégie du gouvernement d'Israël. La logique de force a légitimisé hier le Hamas contre le Fatah. Elle légitime aujourd'hui les fanatiques les plus radicaux du Hamas voire le Djihad islamique. Se passer de partenaire pour la paix, cela veut dire s'engager dans une logique où il n'y aurait plus que la soumission ou l'élimination.
Il n'y a plus de partenaire pour la paix en Israël car le camp de la paix a été réduit au silence et marginalisé. Le peuple israélien est un peuple de mémoire, de fierté et de courage. Mais aujourd'hui c'est une logique folle qui s'est emparée de son État, une logique qui conduit à détruire la possibilité d'une solution à deux États, seule envisageable. La résignation d'une partie du peuple israélien est aujourd'hui le principal danger. Amos Oz, Zeev Sternhell ou Elie Barnavi sont de plus en plus seuls à crier dans le désert, la voix couverte par le vacarme des hélicoptères.

Il n'y a plus non plus de partenaire sur la scène internationale, à force de lassitude et de résignation, à force de plans de paix enterrés. On s'interroge sur l'utilité du Quartette. On désespère de la diplomatie du carnet de chèques de l'Europe qui se borne à payer pour reconstruire les bâtiments palestiniens qui ont été bombardés hier et le seront à nouveau demain, quand les États-Unis dépensent deux milliards de dollars par an pour financer les bombes qui détruisent ces bâtiments.

Face à l'absence de plan de paix, seules des mesures imposées et capables de changer la donne sont susceptibles de réveiller les partenaires de leur torpeur. C'est au premier chef la responsabilité de la France.

Le premier outil pour réveiller la société israélienne, ce sont les sanctions. Il faut la placer devant ses responsabilités historiques avant qu'il ne soit trop tard, tout particulièrement à l'heure où il est question d'une opération terrestre de grande envergure à Gaza. Cela passe par un vote par le Conseil de sécurité de l'ONU d'une résolution condamnant l'action d'Israël, son non-respect des résolutions antérieures et son non-respect du droit humanitaire et du droit de la guerre. Cela signifie concrètement d'assumer des sanctions économiques ciblées et graduées, notamment pour des activités directement liées aux opérations à Gaza ou aux activités économiques dans les colonies. Je ne crois guère aux sanctions face à des États autoritaires qu'elles renforcent. Elles peuvent être utiles dans une société démocratique qui doit être mise face aux réalités.

Le deuxième outil, c'est la justice internationale. L'urgence aujourd'hui, c'est d'empêcher que des crimes de guerre soient commis. Pour cela, il est temps de donner droit aux demandes palestiniennes d'adhérer à la Cour pénale internationale, qui demeure aujourd'hui le meilleur garant de la loi internationale. C'est une manière de mettre les Territoires palestiniens sous protection internationale.

Le troisième outil à la disposition de la communauté internationale, c'est l'interposition. À défaut de pouvoir négocier une solution, il faut l'imposer par la mise sous mandat de l'ONU de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem Est, avec une administration et une force de paix internationales. Cette administration serait soumise à de grands périls, du côté de tous les extrémistes, nous le savons, mais la paix exige des sacrifices. Elle aurait vocation à redresser l'économie et la société sur ces territoires par un plan d'aide significatif et par la protection des civils. Elle aurait également pour but de renouer le dialogue interpalestinien et de garantir des élections libres sur l'ensemble de ces territoires. Forte de ces résultats, elle appuierait des pourparlers de paix avec Israël en en traçant les grandes lignes.

Nous n'avons pas le droit de nous résigner à la guerre perpétuelle. Parce qu'elle continuera de contaminer toute la région. Parce que son poison ne cessera de briser l'espoir même d'un ordre mondial. Une seule injustice tolérée suffit à remettre en cause l'idée même de la justice.

Dominique De VILLEPIN

jeudi 31 juillet 2014

Quimper-Paix en Palestine. Le collectif durcit le ton (Le Telegramme 31/07/2014)


Le collectif d'association pour la paix en Palestine a manifesté pour la cinquième fois hier. Mais cette fois, les 200 participants ont haussé le ton.
« Israël est une démocratie mais une démocratie qui colonise, qui vole l'eau, qui occupe, qui emprisonne, une démocratie qui légalise l'apartheid, qui assiège et affame, une démocratie qui viole le droit international », assène Yves Jardin, coordinateur du collectif cornouaillais pour la paix en Palestine. Pour la cinquième fois, 25 associations et partis, (contre 23 samedi), avaient lancé un appel au rassemblement place Terre-au-Duc, hier vers 18 h. Environ 200 personnes y ont pris part. Dans la foule, des drapeaux du Parti de gauche, du PCF, du NPA, de la CGT mais aussi de la Palestine et de Turquie.

« L'horreur continue »

Yves Jardin, juché sur la fontaine de la place, s'est lancé dans une diatribe contre Israël en commençant par « l'horreur continue ». Il a ensuite rappelé les derniers événements, comme le bombardement d'une école de l'ONU. ONU qui a, de son côté, appelé à « mettre un terme immédiat au carnage ». Yves Jardin, au nom du collectif, a aussi dénoncé « la propagande des tunnels et des roquettes qu'utilise l'armée israélienne pour justifier ses attaques ». Il a également estimé qu'Israël « veut étendre son espace vital ». Il a aussi « salué la résistance héroïque de Gaza » avant d'accuser le gouvernement français « d'être complice de crime de guerre ». Le rassemblement s'est ensuite mué en cortège dans les rues piétonnes. Une minute de silence a été observée devant la mairie. Les manifestants se sont aussi symboliquement bâillonnés avec les mains, pour protester contre les interdictions de manifester à Paris. 
 
source: letelegramme.fr 

De retour de Palestine:le témoignage de Mounia Benaili, élue à Juvisy-sur-Orge (Essonne) et militante du Parti de Gauche

Mounia Benaili est élue à Juvisy-sur-Orge et militante du Parti de gauche. Elle revient de Palestine.
 
jerusalem

Mounia, tu es partie en Palestine avec les Observacteurs. Quelle est cette association et quel était le but de ce voyage ?

Cette association organise des missions en Palestine. Tous les ans, elle permet à des groupes de français, venus d’horizons divers, militants ou non, de se rendre sur place et de constater la réalité de la colonisation. La présence d’internationaux sur place est vitale et fondamentale pour les Palestiniens. Personne ne revient tout à fait indemne, après 3 semaines sur place. Et bien souvent ceux qui y vont, d’observateurs deviennent des acteurs pour dénoncer l’occupation et les injustices vécues par le peuple de Palestine. Et c’est tant mieux, car cette cause ne vaut que si elle est partagée au-delà du seul cercle des militants et acquis de longue date à ce juste combat.
 

mounia-benaili-PG


Vue de France, la vie des Palestiniens, dans la bande de Gaza comme en Cisjordanie, semble être une lutte quotidienne pour la survie. Quel regard portes-tu sur leur situation aujourd’hui ?
Les palestiniens vivent la misère. Qui découle évidemment de leur statut d’occupés, et du régime, j’assume le mot, d’apartheid.

  Il y a le blocus sur Gaza qui leur est imposé bien sûr. Mais aussi, dans toute la Cisjordanie, la stratégie d’Israël qui s’est accaparée, sur la base des accords signés avec les autorités palestiniennes, les ressources naturelles, la gestion de l’eau, le contrôle des zones côtières et d’une majeure partie des zones agricoles.

  Elle s’est également assuré le contrôle sur l’économie palestinienne. Ainsi, Israël s’enrichit sur le dos du commerce palestinien. Les produits palestiniens sont interdits à la vente en Israël, par contre, pour les exportations et importations, Israël s’octroie une taxe supplémentaire au passage.

 


Pourtant, il y a une aide internationale en faveur des Palestiniens.

Oui. Mais cette aide est très contestée par les citoyens palestiniens. Au mieux, ils la considèrent comme un moyen pour la communauté internationale de s’acheter une bonne conscience. Au pire, ils la dénoncent comme une forme de légitimation des violations du droit international par Israël. Quelle crédibilité accorder à une aide dont tout le monde sait qu’elle sert également à financer la reconstruction des infrastructures détruites impunément par Israël ? Comment rester insensible à cet argument quand on sait, par exemple, que les Etats-Unis ont beaucoup communiqué dernièrement sur le déblocage de 500 millions de dollars d’aide aux Autorités palestiniennes alors qu’ils versent près de trois milliards d’aide militaire annuelle à Israël ?

  Sur le quotidien, malgré la colonisation galopante, les discriminations, les exactions, l’arbitraire, nous avons été frappés par la capacité d’adaptation des palestiniens. Ils mènent en apparence une vie normale. Et c’est une forme de résistance passive pour eux que de continuer les gestes quotidiens de la vie. Cette forme de résistance porte d’ailleurs un nom : le soumoud.



De quelle manière le retour au pouvoir de Benjamin Netanyahou impacte la vie quotidienne des Palestiniens dans les territoires occupés ?

La politique d’extrême-droite de Benjamin Netanyahou est clairement sioniste et sécuritaire. Tous ceux que nous avons rencontrés : pacifistes et activistes israéliensou palestiniens, ont insisté sur la nature politique du conflit, et non religieuse (même si les religions finissent par l’instrumentaliser). La stratégie mise en œuvre par Ben Gourion et poursuivie par d’autres dont Netanyahou est une stratégie coloniale, afin de priver les palestiniens de leur droit sur leurs terres.

  Le développement de colonies illégales dans les territoires pourtant sous contrôle palestinien est impressionnant. Des grues sont à l’œuvre partout autour de Jérusalem et des villes palestiniennes. 8 lignes de Tramway sont prévues pour relier toutes les colonies entre elles et avec Jérusalem. Rendant par là-même impossible, physiquement, l’existence d’un futur Etat palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale.



Des lois scélérates sont votées. La dernière en date, connue sous le nom de Plan Prawer-Begin, vise à contraindre plusieurs dizaines de milliers de bédouins du Néguev (Palestiniens d’Israël) à quitter leurs terres et leurs villages pour les regrouper dans des villes et quartiers qui leur seraient assignés.

  La politique sécuritaire de l’Etat d’Israël a conduit à une situation inouïe : les incursions nocturnes des soldats israéliens dans les territoires palestiniens pour y arrêter arbitrairement des adultes et des enfants, une justice disproportionnée (un jet de pierres est puni de 20 ans d’emprisonnement, un enfant est jugé  comme adulte dès 15 ans), des prisonniers politiques retenus dans des conditions dignes de Guantanamo et où la torture est courante (20 % des Palestiniens sont passés par cette case !).

  Concernant les arabes israéliens (1,6 millions de personnes), une vrai politique discriminatoire est menée envers eux. Par exemple, de plus en plus d’employeurs mettent comme condition préalable à l’embauche, le service militaire. L’Etat d’Israël refusant de les recenser pour les inscrire sur les registres des appelés, ils sont de fait écartés d’un nombre grandissant d’emplois. De la même manière, la loi leur interdit de louer ou acheter des terres, les mêmes qui ont été confisquées à leurs ancêtres en 1948.

 

Les discussions de paix entre Palestiniens et Israéliens semblent au point mort. A ton retour, as-tu l’impression qu’une issue soit possible ?

Cela fait 20 ans que nous parlons de processus de paix. En réalité il n’y a pas de processus de paix ! Il y a un processus de colonisation déguisé sous un soi-disant processus de paix, qui n’a jamais existé. Alors que des conditions sont toujours rajoutées aux obligations des autorités palestiniennes, jamais les mêmes préalables n’ont été demandés à Israël. Les résolutions de l’ONU ne sont toujours pas appliquées : retour des réfugiés, démantèlement et arrêt des colonies, respect des frontières de 1967. Pire : Israël s’est assise dessus, viole la législation internationale humanitaire, bafoue la justice internationale, sans que la communauté internationale ne s’en émeuve ou ne menace de suspendre ses coopérations avec Israël.

  Avec ce voyage j’ai acquis 2 certitudes. L’Etat palestinien ne verra jamais le jour. Il est trop tard. Comment démanteler des colonies qui ne cessent de se développer (+179 % en un an) et dans lesquelles vivent 700 000 colons ? A fortiori quand Israël bénéficie de l’impunité la plus totale sur la scène internationale. Israël n’acceptera jamais un Etat binational et laïc qui remettrait en cause leur plan d’occupation. Les arabes étant bien plus nombreux.



Quel rôle la France et le camp progressiste, singulièrement, peuvent jouer dans le processus de paix s’il est encore sauvable ?

Je crois que malheureusement les Palestiniens n’ont rien à attendre de la France, complètement alignée sur la politique atlantiste des Etats-Unis. Cela doit inciter les partis politiques qui prétendent accéder au pouvoir à s’engager à reconnaître la Palestine comme un Etat à part entière.

  Par contre les militants que nous sommes peuvent se rendre utiles de plusieurs manières. Nous pouvons relayer les campagne de boycott de BDS. Ne pas acheter de produits manufacturés en Israël  mais aussi boycotter les entreprises qui collaborent ou soutiennent le régime israélien. Nous devons aussi faire pression sur le gouvernement pour obliger l’étiquetage des produits fabriqués dans les colonies.



Le deuxième axe consiste à mener les campagnes de soutien aux prisonniers politiques palestiniens. Plus de 4 000 d’entre eux croupissent dans les prisons israéliennes. Organiser des parrainages de prisonniers dans les mairies, écrire aux prisonniers sont des gestes qui paraissent dérisoires, mais qui sont importants pour montrer aux autorités qu’un soutien international existe. D’anciens prisonniers (dont Salah Hamouri) en font une priorité.

  Enfin, nous devons multiplier les délégations officielles d’élu-e-s, de partis politiques, d’associations… pour voir, et raconter.



Cet entretien date de juillet 2013 mais garde, malheureusement, toute son actualité.
source: lecridupeuple.org