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samedi 9 août 2014
Quimper. Près de 300 personnes en soutien à la Palestine rassemblées (letelegramme.fr 9/08/2014)
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Gaza. Nouvelle manifestation de soutien aux Palestiniens à Quimper (OF.fr 9/08/2014)
- Près de 200 manifestants étaient rassemblés en soutien aux Palestiniens, ce samedi, à Quimper.
25 associations et organisations ont appelé à manifester ce samedi à Quimper (Finistère) en solidarité au peuple palestinien. Le défilé s'est déroulé dans le calme.
« Gaza, Palestine, c'est l'humanité qu'on assassine
! » « Vite, vite, un État palestinien! » « Une seule solution : arrêter
l'occupation ! » C'est au son de ces slogans et de bien
d'autres qu'une centaine de personnes selon la Police et 300 selon les
organisateurs ont manifesté leur soutien au peuple palestinien, ce
samedi après-midi, à Quimper.
Le cortège s'est ébranlé au départ
du plateau de la Déesse avant de regagner la place Saint-Corentin. Là,
ont été égrenés les noms de victimes palestiniennes tuées ces dernières
semaines par des Israéliens dans la bande de Gaza. Des minutes de
silence ont également été observées.
25 organisations et
associations et de simples citoyens ont pris part au défilé (1). Gabriel
Brun, un communiste de 84 ans, est l'un d'eux : « J'ai toujours
été un partisan de la paix. Je demande l'arrêt des hostilités, de
l'extermination du peuple palestinien et la reconnaissance d'un état
palestinien. »
Yves Jardin, de l'association France Palestine solidarité, était l'un des coordinateurs de la manifestation. «
C'est le 6e rassemblement que l'on tient à Quimper. On demande la paix,
la levée du blocus de la bande de Gaza et l'arrêt des bombardements. »
(1)
L'association France Palestine solidarité, Amnesty international
Quimper, l'Association républicaine des anciens combattants (Arac), la
CGT, Europe écologie Les Verts, le Front de gauche, la Ligue des droits
de l'Homme Quimper, le Mouvement pour la paix, et bien d'autres...
source: ouest-france.fr
source: ouest-france.fr
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vendredi 8 août 2014
Gaza de nouveau sous le feu israélien (L'Humanite.fr 8/08/2014)
Les
hostilités ont repris vendredi matin dans la bande de Gaza avec des
tirs de roquettes palestiniennes, et une riposte israélienne meurtrière.
Faute d'accord sur la levée du blocus qui asphyxie Gaza depuis 2006,
les négociations du Caire semblent dans l'impasse.
LE MACABRE DECOMPTE RECOMMENCE A GAZA
Les hostilité ont repris à Gaza. Premières victimes depuis la fin de la trève : un enfant palestinien de 10 ans tué et six autres bléssés dans un raid de l'aviation israélienne près d'une mosquée dans la ville de Gaza.
Malgré le spectre d'une nouvelle effusion de sang, le cessez-le-feu en vigueur depuis mardi a donc volé en éclat à 8 heures locales
(5h00 GMT), après un mois de guerre, sans qu'Israéliens et Palestiniens
ne parviennent à s'entendre sur sa prolongation lors de discussions
indirectes au Caire avec l'entremise des Egyptiens.
LES TIRS DE ROQUETTES REPRENNENT, LA RISPOSTE DE L'AVIATION ISRAELIENNE EST MEURTRIERE
Le Jihad islamique a revendiqué trois tirs de roquettes vers Ashkelon, ce vendredi matin vers 8h. Des
milliers de Gazaouis ont donc commencé à fuir leurs maisons à l'est de
la ville de Gaza dans la crainte de frappes israéliennes.
Israël est resté silencieux pendant plus de deux
heures. Puis "le Premier ministre et le ministre de la Défense ont
ordonné (à l'armée israélienne) de riposter vigoureusement à la
violation du cessez-le-feu par le Hamas". Peu après, l'armée annonçait
avoir "pris pour cible des sites terroristes à travers la bande de
Gaza".
Effectivement, la ville de Gaza, Jabaliya, dans
le nord de l'enclave, et le centre du territoire ont essuyé des frappes
aériennes. Des tirs d'artillerie ont retenti à l'est et au nord de la
ville de Gaza. Un enfant palestinien a été tué.
ISRAEL REFUSE LA LEVEE DU BLOCUS
Le point d'acchoppement des négociations est principalement la levée du blocus qui asphyxie les Palestiniens, et sans laquelle, selon l'autorité palestinienne, "les morts palestiniens n'auraient servi à rien".
Soucieux de dicter leurs termes aux négociations et de ne pas paraître céder aux revendications du Hamas, les
Israéliens avaient pris les devants dès mercredi soir et annoncé
accepter une prolongation illimitée du cessez-le-feu, sous réserve
qu'elle ne soit assortie d'aucune condition. Ils
avaient cependant prévenu sur tous les tons que leur armée, totalement
retirée du territoire mais positionnée non loin, se tenait prête à
répondre à toute éventualité. "Je ne suis pas sûr que la bataille soit terminée", avait affirmé jeudi le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu sur la chaîne américaine Fox News.
L'opération "Bordure protectrice" déclenchée le 8
juillet par Israël a tué 1 891 Palestiniens, dont 431 enfants et
adolescents, selon le ministère palestinien de la Santé. Selon l'Unicef,
73% des victimes sont des civils. Côté israélien, 64 soldats et trois civils ont péri. La
guerre a déjà anéanti l'économie de ce territoire exigu de 41 km de
long sur 12 km de large au maximum (encore réduit depuis le début de
l'attaque par l'instauration d'un zone dite "tampon" par l'armée
israélienne, le long de la frontière mais en territoire palestinien),
sur lequel 1,8 million de personnes coincées entre Israël, l'Egypte et
la Méditerranée tentent de survivre à un blocus imposé depuis 2007 par
l'Etat hébreu.
Eugénie BARBEZAT
source: humanite.fr
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Palestine-Nouveau rassemblement samedi 9 août-15 heures-plateau de la Déesse à Quimper (au pied du Mont Frugy)
Quand les
canons grondent,
nous ne nous taisons pas ! *
Une nouvelle fois le
gouvernement israélien a déclenché un déluge de feu sur Gaza. Il vient de
franchir une nouvelle étape en ajoutant l’attaque terrestre aux bombardements
aériens massifs et aux tirs des navires. Devant cette situation dramatique, les
gouvernements occidentaux se cantonnent une nouvelle fois à « dénoncer
l’engrenage de la violence », sans désigner le responsable de cette
nouvelle tragédie, et appelant seulement le gouvernement israélien à la
« retenue ». Le président de la République est même allé jusqu’à
cautionner l’agression d’Israël contre la population de Gaza. Cette position
est injuste, partisane et contraire au droit international et aux Droits de
l’Homme concernant les forces d’occupation en territoires occupés. Elle
cautionne les représailles militaires et l’usage disproportionné de la force
contre les Palestiniens, avec la mort au matin du 4 août d’au moins 1888 personnes (dont 84 % de civils) .
L’Union Européenne accorde des avantages économiques à
Israël. Ces accords sont conditionnés au respect des droits humains, bafoués
par la colonisation et la construction du Mur, illégales au regard du droit
international. Pour dénoncer la passivité coupable de nos gouvernants et
obtenir des actions concrètes de la France auprès du pouvoir israélien et du
Conseil de Sécurité de l’ONU. Devant cette situation, nous appelons à un :
RASSEMBLEMENT
PLATEAU DE
LA DÉESSE A
QUIMPER
( AU PIED DU MONT FRUGY)
SAMEDI 9
AOÛT A 15 H
-Pour l’arrêt immédiat des
bombardements sur Gaza
-Pour l’arrêt de l’agression israélienne en
Cisjordanie et
à Jérusalem
-Pour
la levée du blocus, illégal et criminel, de Gaza
-Pour
des sanctions immédiates contre Israël jusqu’au respect du droit international
-Pour
le soutien au gouvernement palestinien
d’entente nationale
-Pour
un soutien aux organisations palestiniennes et israéliennes qui appellent aux
négociations et à la paix sur les bases ci-dessus.
A
l’appel de : Association Culturelle Musulmane de Quimper, Association Culturelle Turque de Quimper, Association France-Palestine Solidarité,
Amnesty International-Quimper, Association Républicaine des Anciens
Combattants, Association des Travailleurs et Commerçants Marocains, ATTAC,
CCFD-Terre Solidaire-Quimper,, CGT, CIMADE, Comité de Jumelage
Douarnenez-Rashidiyeh, El Djazaïr,
Ensemble, Europe Ecologie Les Verts, Front de Gauche, La
Gauche…Naturellement (Pays Fouesantais), Ligue des Droits de
l’Homme-Quimper, Mouvement de la Paix, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti
Communiste Français, Pax Christi, Peuples Solidaires, Parti de Gauche-Comité de
Cornouaille, Union Démocaratique Bretonne…
* Mot d’ordre de la
manifestation organisée le 9 juillet, à Tel Aviv, devant le Ministère de la
Défense, par la Coalition des Femmes pour la Paix.
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Gaza : Crimes de guerre à Khouza’a (L'Humanité 6/08/2014)
Gaza (Palestine), envoyé spécial.
Les habitants du village de Khouza’a, qui jouxte la frontière avec
Israël, à l’est de Khan Younès, n’ont pu regagner leurs habitations, ou
ce qu’il en reste, que le vendredi 1er août. Malgré de multiples
tentatives les jours précédents, ils ont dû attendre une trêve et le
retrait des chars israéliens qui barraient l’accès. Ce qu’ils ont
découvert a dépassé toutes les horreurs. Cette localité de 13 000
habitants, connue pour être un havre de paix dans cette rude bande de
Gaza, a été quasiment rasée par le flot de bombes et de missiles qui
s’est abattu dès l’offensive terrestre israélienne. « Lorsque je suis
revenu, je n’arrivai même pas à me repérer. On ne nous traite pas comme
des êtres humains », certifie Jamal Al Najjar. L’Humanité a rendu compte
du calvaire vécu par ces Palestiniens, dont certains ont été arrêtés,
frappés, détenus pendant trois jours pour interrogatoire sans que
quiconque ne parle d’« acte barbare ». Les récits qui suivent se sont
déroulés durant les deux dernières semaines.
L’armée israélienne empêchait les secours d’accéder à la zone
La vérité sur ce qui s’est passé à Khouza’a commence à
éclater, terrible. Sous les décombres, de nombreux corps ont été
retrouvés : des habitants coincés, incapables de fuir, pris au piège
sous le déluge de bombes. Un cas de crime de guerre caractérisé.
D’autant que même les secours n’ont pu accéder à la zone, empêchés par
l’armée israélienne. Un des quartiers de ce gros village est
essentiellement occupé par une famille étendue, les Al Najjar. Nous
rencontrons Ahmed, qui nous emmène dans une maison, en lisière du
village, face à la frontière. Dans la salle de bains une odeur
pestilentielle se dégage encore. Le sol est d’un noir de sang séché
mélangé à de la poussière. Sur les carreaux blancs des murs, des
éclaboussures de sang et des dizaines d’impacts de balles. À
l’extérieur, le mur ne présente aucune trace. C’est là qu’Ahmed a
retrouvé son fils Bilal, 22 ans, couché sous un amoncellement de corps.
Ils étaient six. Selon les renseignements obtenus par le père, Bilal et
ses camarades ont été arrêtés dans les rues et ont été emmenés dans la
maison par des forces spéciales. « C’étaient des civils. Un de mes fils a
reconnu son frère à cause de ses chaussures parce que les cadavres
étaient en état de décomposition », affirme-t-il. Quand bien même ce
seraient des combattants, leur mort, une exécution sommaire,
s’apparente, là encore, à un crime de guerre. Les identités des cinq
autres ne sont pas connues. « Nous les avons enterrés tous ensemble avec
des numéros pour pouvoir l’indiquer à leurs familles après la guerre »,
dit Ahmed. Autre témoignage, quelques rues plus loin. Celui de Mohammed
Al Najjar, 62 ans, qui a retrouvé son beau-fils, Wasfi, 27 ans, mort à
même le sol, près de la mosquée Ibed el Rahman. « Il avait les pieds
liés par une corde et un trou au milieu du front », décrit-il avec
émotion. « Depuis 1967, j’ai vécu plus d’une guerre menée par les
Israéliens. Mais ça n’a jamais été comme ça. Ils veulent nous effacer de
l’humanité. » La femme de Wasfi, enceinte, doit maintenant élever ses
deux enfants toute seule. L’histoire de Bassam Al Najjar, 31 ans, est
tout aussi éloquente au sujet des exactions commises par l’armée
israélienne à Khouza’a. « Le jour de l’invasion terrestre, beaucoup de
gens du quartier se sont regroupés. Nous étions environ 170, hommes,
femmes, enfants, dans une maison où nous pensions être à l’abri des
bombardements. Mais le patio a été touché et nous nous sommes réfugiés
dans la maison mitoyenne où nous pouvions entrer sans sortir dans la
rue. Mais au milieu de la nuit, les obus sont tombés de façon encore
plus intense. Nous avons tenté de joindre la Croix-Rouge et des leaders
palestiniens, qui nous ont dit que les Israéliens n’acceptaient pas
notre évacuation. Vers 6 h 30, le matin du 25 juillet, nous avons pris
le risque de sortir. Nous avons brandi un drapeau blanc et avons
commencé à marcher vers Abassane. Nous sentions des balles siffler
au-dessus de nos têtes. Des éclats ont blessé légèrement un homme du
groupe. C’est alors que nous avons aperçu un char. On s’est tous mis à
genoux, les mains en l’air. On est resté environ une heure comme ça. Le
char tirait au-dessus de nous et lançait des bombes qui faisaient du
bruit, sans éclats. Mais un homme de 55 ans, Mohammed, a été touché au
côté droit de la poitrine. Il était juste à côté de moi. Je n’ai rien pu
faire. Il a agonisé pendant dix minutes puis est mort. Par la suite, le
char a avancé vers nous. On pensait qu’on allait mourir. Un soldat est
sorti de sa tourelle, nous a filmés puis a demandé, en arabe, que l’un
d’entre nous vienne discuter. Nous avons envoyé Haytham Al Najjar avec
un drapeau blanc. On nous a ensuite autorisés à partir après que les
hommes et les adolescents ont soulevé leurs chemises pour montrer qu’ils
n’avaient pas d’armes ni d’explosifs. Nous avons emmené le corps de
Mohammed mais même à ce moment-là ils tiraient au-dessus de nos têtes. »
Tous aujourd’hui pleurent leurs morts et la destruction de leur
village. Ils sont encore logés dans des écoles de l’ONU, dans le
dénuement le plus total. Tous se demandent si on leur rendra justice.
« Je n’aurais jamais pensé qu’en 2014 une armée puisse agresser un
peuple de cette manière », dit Bassam, le visage dur.
Pierre BARBANCEY
envoyé spécial de "l'Humanité"
source: humanite.fr
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mercredi 6 août 2014
L'appel de 26 organisations. Gaza : un rassemblement samedi à Quimper (Ouest-France 5/08/2014)
Les représentants de plusieurs associations 26 organisations appellent à un rassemblement en soutien à la population palestinienne. Même si la trêve tient, les tensions vont demeurer.
Le jour même où l'armée israélienne amorce son repli de
Gaza, 26 associations cornouaillaises lancent un appel à un
rassemblement de soutien à la population palestinienne, samedi 9 août à
15 h, plateau de la Déesse à Quimper.
" Nous réclamons l'arrêt immédiat des bombardements sur Gaza, déclare Yves Jardin (France Palestine Solidarité).
Mais tant que le blocus de Gaza se poursuivra, tout pourra recommencer à
n'importe quel moment. Il faut contraindre Israël à respecter le droit
international."
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Palestine. La mobilisation continue (Le Télégramme 6/08/2014)
Le collectif d'associations pour la paix en Palestine appelle à un
rassemblement samedi, à 15 h, sur le plateau de la Déesse. Quand les
canons grondent, les organisations ne se taisent pas. Ni à Tel-Aviv, ni à
Quimper.
« Je commencerai par rappeler l'importance des pertes humaines ».
L'annonce du triste bilan fait désormais office de rituel pour Yves Jardin, président de l'association France - Palestine solidarité. Plus de 1.800 Palestiniens tués, dont près de 84 % de civils... Les chiffres sont « effarants », et laissent transparaître un conflit « inhumain et inacceptable ». Les vingt-six associations et partis appellent donc à un autre rassemblement samedi, sur le plateau de la Déesse, au pied du mont Frugi, à 15 h.
« Parler de massacre, c'est le minimum »
En dépit de la trêve de 72 h entrée en vigueur hier matin, la mobilisation ne faiblit pas. Rien n'est acquis, tout reste encore à espérer. D'Israël, mais aussi du gouvernement français, dont les récentes déclarations sonnent enfin le glas d'« inacceptables exemples de partialité ». Entre autres, l'abstention de la France au Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU pour la mise en place d'une commission d'enquête sur les crimes de Gaza. Quant à ce qu'ils qualifient prudemment de « changement d'attitude du gouvernement français », les représentants quimpérois restent sur leurs gardes. Pour Yvonne Rainero, du PCF, « parler de massacre, c'est le minimum ». Elle décrit, avec indignation, un horizon qui, au fil de ses voyages, n'a cessé de rétrécir comme peau de chagrin. Yves Jardin continue lui aussi de fustiger ces « crimes commis en toute impunité. Des crimes sans restriction. Des crimes contraires aux lois de la guerre ». Ce que ces vingt-six associations et partis attendent, ce sont aussi des « mesures concrètes ». Dans l'immédiat, la levée du blocus, l'arrêt des bombardements, et la suspension de l'accord d'association entre Israël et l'Union européenne.
Dans l'attente de mesures concrètes
Yvonne Rainero est formelle : « Sans ces mesures, ça recommence... Ça va recommencer ». Elle espère sans doute pouvoir rapidement scander la formule beckettienne : « C'est fini, ça va finir ». Mais pour que cela finisse, « des sanctions sont nécessaires ». Sur ce point, les représentants quimpérois s'accordent : « Il n'y a pas de solution possible sans la fin de la colonisation ».
L'annonce du triste bilan fait désormais office de rituel pour Yves Jardin, président de l'association France - Palestine solidarité. Plus de 1.800 Palestiniens tués, dont près de 84 % de civils... Les chiffres sont « effarants », et laissent transparaître un conflit « inhumain et inacceptable ». Les vingt-six associations et partis appellent donc à un autre rassemblement samedi, sur le plateau de la Déesse, au pied du mont Frugi, à 15 h.
« Parler de massacre, c'est le minimum »
En dépit de la trêve de 72 h entrée en vigueur hier matin, la mobilisation ne faiblit pas. Rien n'est acquis, tout reste encore à espérer. D'Israël, mais aussi du gouvernement français, dont les récentes déclarations sonnent enfin le glas d'« inacceptables exemples de partialité ». Entre autres, l'abstention de la France au Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU pour la mise en place d'une commission d'enquête sur les crimes de Gaza. Quant à ce qu'ils qualifient prudemment de « changement d'attitude du gouvernement français », les représentants quimpérois restent sur leurs gardes. Pour Yvonne Rainero, du PCF, « parler de massacre, c'est le minimum ». Elle décrit, avec indignation, un horizon qui, au fil de ses voyages, n'a cessé de rétrécir comme peau de chagrin. Yves Jardin continue lui aussi de fustiger ces « crimes commis en toute impunité. Des crimes sans restriction. Des crimes contraires aux lois de la guerre ». Ce que ces vingt-six associations et partis attendent, ce sont aussi des « mesures concrètes ». Dans l'immédiat, la levée du blocus, l'arrêt des bombardements, et la suspension de l'accord d'association entre Israël et l'Union européenne.
Dans l'attente de mesures concrètes
Yvonne Rainero est formelle : « Sans ces mesures, ça recommence... Ça va recommencer ». Elle espère sans doute pouvoir rapidement scander la formule beckettienne : « C'est fini, ça va finir ». Mais pour que cela finisse, « des sanctions sont nécessaires ». Sur ce point, les représentants quimpérois s'accordent : « Il n'y a pas de solution possible sans la fin de la colonisation ».
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« M. Hollande, vous êtes comptable d'une certaine idée de la France qui se joue à Gaza » (lemonde.fr 4/08/2014)
« Quand la violence crée une spirale incontrôlée et la mort de
300 civils innocents, la situation exige une réponse urgente et
déterminée », viennent d'indiquer
à bon escient le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et
le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, au moment
d'élever au niveau 3 les sanctions économiques contre la Russie.
On ne sait pas si le président russe, Vladimir Poutine, où l'un de ses subordonnés, a donné l'ordre de faire sauter en vol le Boeing 777 de la Malaysia Airlines. Mais il y a déjà cinq fois plus de civils innocents massacrés à Gaza, ceux-là soigneusement ciblés et sur l'ordre direct d'un gouvernement. Les sanctions de l'Union européenne contre Israël restent au niveau zéro. L'annexion de la Crimée russophone déclenche indignation et sanctions. Celle de la Jérusalem arabophone nous laisserait impavides ? Peut-on à la fois condamner M. Poutine et absoudre M. Nétanyahou ? Encore deux poids deux mesures ?
Nous avons condamné les conflits interarabes et intermusulmans qui
ensanglantent et décomposent le Moyen-Orient. Ils font plus de victimes
locales que la répression israélienne. Mais la particularité de
l'affaire israélo-palestinienne est qu'elle concerne et touche à
l'identité des millions d'Arabes et musulmans, des millions de chrétiens
et Occidentaux, des millions de juifs dispersés dans le monde.
RÉSISTER AU MENSONGE
Ce conflit apparemment local est de portée mondiale et de ce fait a
déjà suscité ses métastases dans le monde musulman, le monde juif, le
monde occidental. Il a réveillé et amplifié anti-judaïsme, anti-arabisme, anti-christianisme (les croisés) et répandu des incendies de haine dans tous les continents.
Nous avons eu l'occasion de nous rendre à Gaza, où il existe un Institut culturel français ; et les SOS que nous recevons de nos amis sur place, qui voient les leurs mourir
dans une terrible solitude, nous bouleversent. N'ayant guère
d'accointances avec les actuels présidents du Conseil et de la
Commission européens, ce n'est pas vers ces éminentes et sagaces
personnalités que nous nous tournons mais vers vous, François Hollande, pour qui nous avons voté et qui ne nous êtes pas inconnu. C'est de vous que nous sommes en droit d'attendre une réponse urgente et déterminée face à ce carnage, comme à la systématisation des punitions collectives en Cisjordanie même.
Les appels pieux ne suffisent pas plus que les renvois dos à dos qui
masquent la terrible disproportion de forces entre colonisateurs et
colonisés depuis quarante-sept ans. L'écrivain et dissident russe
Alexandre Soljenitsyne (1918-2008) demandait aux dirigeants soviétiques
une seule chose : « Ne mentez pas. » Quand on ne peut résister à la force, on doit au moins résister au mensonge. Ne vous et ne nous mentez pas, monsieur le Président.
L'ENFERMEMENT COMPLET N'EST NI VIABLE NI HUMAIN
On doit toujours regretter la mort de militaires en opération, mais quand les victimes sont des civils, femmes et enfants sans défense qui n'ont plus d'eau à boire, non pas des occupants mais des occupés, et non des envahisseurs mais des envahis, il ne s'agit plus d'implorer mais de sommer au respect du droit international.
La France est bien placée pour initier
un mouvement des grands pays européens pour la suspension de l'accord
d'association entre Israël et l'UE, accord conditionné au respect de nos
valeurs communes et des accords de paix souscrits par le passé. De même
pourrait-elle faire valoir qu'un cessez-le-feu qui déboucherait sur un retour au statu quo ante, lui-même déjà intolérable, ne ferait que contribuer au pourrissement de la situation et donc au retour de l'insécurité pour les uns comme pour les autres.
L'enfermement complet n'est ni viable ni humain. Pourquoi la police européenne ne pourrait-elle revenir sur tous les points de passage entre Gaza et l'extérieur, comme c'était le cas avant 2007 ?
APARTHEID
Nous n'oublions pas les chrétiens expulsés d'Irak et les civils assiégés d'Alep. Mais à notre connaissance, vous n'avez jamais chanté La Vie en rose en trinquant avec l'autocrate de Damas ou avec le calife de Mossoul comme on vous l'a vu faire sur nos écrans avec le premier ministre israélien au cours d'un repas familial.
L'extrême droite israélienne vous semblant moins répréhensible que
l'extrême droite française, à quelque chose cette inconséquence pourrait
être bonne : faciliter les échanges et les pressions au nom de valeurs communes.
Israël se veut défenseur d'un Occident ex-persécuteur de juifs, dont
il est un héritier pour le meilleur et pour le pire. Il se dit défenseur
de la démocratie, qu'il réserve pleinement aux seuls juifs, et se
prétend ennemi du racisme tout en se rapprochant d'un apartheid pour les
Arabes.
L'école stoïcienne recommandait de distinguer,
parmi les événements du monde, entre les choses qui dépendent de nous
et celles qui ne dépendent pas de nous. On ne peut guère agir
sur les accidents d'avion et les séismes – et pourtant vous avez
personnellement pris en main le sort et le deuil des familles des
victimes d'une catastrophe aérienne au Mali. C'est tout à votre honneur. A fortiori, un homme politique se doit de monter en première ligne quand les catastrophes humanitaires sont le fait de décisions politiques sur lesquelles il peut intervenir,
surtout quand les responsables sont de ses amis ou alliés et qu'ils
font partie des Nations unies, sujets aux mêmes devoirs et obligations
que les autres Etats. La France n'est-elle pas un membre permanent du
Conseil de sécurité ?
Ce ne sont certes pas des Français qui sont directement en cause ici,
c'est une certaine idée de la France dont vous êtes comptable, aux yeux
de vos compatriotes comme du reste du monde. Et il ne vous échappe pas
que faux-fuyants et faux-semblants ont une crédibilité et une durée de
vie de plus en plus limitées.
Voir la vidéo : Comprendre les origines de la guerre à Gaza en 5 minutes
-
Rony Brauman (Ex-président de MSF, professeur à Sciences Po)
-
Régis Debray (Ecrivain et philosophe)
- Edgar Morin (Sociologue et philosophe) (Directeur de recherches émérite au CNRS)
Christiane Hessel (Veuve de Stéphane Hessel)
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samedi 2 août 2014
Communiqué d' Une Autre Voix Juive sur la Manifestation du 31 Juillet en faveur d’Israël
Une
Autre Voix Juive proteste solennellement contre l’Appel de Serge Klarsfeld
incitant les fils et filles de déportés juifs à soutenir la politique
israélienne actuelle. Les déportés juifs, les fils et filles de déportés juifs
signataires du Manifeste Une Autre Voix Juive (UAVJ) n’entendent pas se laisser
déposséder ainsi de leur liberté de choix . Ils et elles sont révoltés qu’on
puisse instrumentaliser la déportation des Juifs par les nazis au profit d’une
politique de massacres de populations civiles et d’enfants comme c’est le cas
aujourd’hui à Gaza.
Non,
la politique israélienne ne « se bat pas pour les démocrates du monde
entier » ; la politique israélienne couvre de honte et de sang le
drapeau israélien ;
Les
dirigeants israéliens font embastiller les voix héroïques qui, en Israël
s’opposent à ce qu’on commette en leur nom des crimes de guerre.
Non
la politique israélienne ne vise pas le Hamas mais tout un peuple qui réclame
les droits fondamentaux auxquels Israël a souscrit par sa déclaration
d’indépendance.
Non,
la colonisation n’est pas la démocratie. Non, bafouer les droits d’un peuple et
les fouler aux pieds, ce n’est pas la démocratie.
Non
cette guerre n’est pas notre guerre ; c’est l’antipode de ce pour quoi
nous luttons et pour quoi nos parents ont lutté.
Israël
n’a aucun droit de se présenter en représentant du peuple juif et le territoire
d’Israël n’est pas le nôtre.
Plus
que jamais Une Autre Voix juive appelle toute citoyenne et tout citoyen
français juif à s’opposer à une telle manipulation. La seule voie pour la
sécurité d’Israël est l’arrêt immédiat et inconditionnel du feu sur Gaza et
l’engagement de négociations véritables pour une paix juste et négociée au
proche Orient.
Une
Autre Voix Juive
le
30/07/2014
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vendredi 1 août 2014
Dominique de Villepin : «Lever la voix face au massacre perpétré à Gaza» (Le Figaro.fr 31/07/2014)
Dans une tribune publiée dans Le Figaro,
l'ancien premier ministre s'inquiète du silence de la France face à
l'escalade de la violence entre Israéliens et Palestiniens. Il appelle
de ses vœux une interposition de l'ONU.
Dominique de Villepin est avocat. Il a été ministre des Affaires étrangères et premier ministre de Jacques Chirac.
°
°°°
°
Lever la voix face au massacre qui est perpétré à Gaza,
c'est aujourd'hui, je l'écris en conscience, un devoir pour la France,
une France qui est attachée indéfectiblement à l'existence et à la
sécurité d'Israël mais qui ne saurait oublier les droits et devoirs qui
sont conférés à Israël
en sa qualité d'État constitué. Je veux dire à tous ceux qui sont
tentés par la résignation face à l'éternel retour de la guerre qu'il est
temps de parler et d'agir. Il est temps de mesurer l'impasse d'une
France alignée et si sûre du recours à la force. Pour lever le voile des
mensonges, des omissions et des demi-vérités. Pour porter un espoir de
changement. Par mauvaise conscience, par intérêt mal compris, par
soumission à la voix du plus fort, la voix de la France s'est tue, celle
qui faisait parler le général de Gaulle au
lendemain de la guerre des Six-Jours, celle qui faisait parler Jacques
Chirac après la deuxième intifada. Comment comprendre aujourd'hui que la
France appelle à la «retenue» quand on tue des enfants en connaissance
de cause? Comment comprendre que la France s'abstienne lorsqu'il s'agit
d'une enquête internationale sur les crimes de guerre commis des deux
côtés? Comment comprendre que la première réaction de la France, par la
voix de son président, soit celle du soutien sans réserve à la politique
de sécurité d'Israël? Quelle impasse pour la France que cet esprit
d'alignement et de soutien au recours à la force.
Je crois que
seule la vérité permet l'action. Nous ne construirons pas la paix sur
des mensonges. C'est pour cela que nous avons un devoir de vérité face à
un conflit où chaque mot est piégé, où les pires accusations sont
instrumentalisées.
Ayons le courage de dire une première vérité: il n'y a pas en droit
international de droit à la sécurité qui implique en retour un droit à
l'occupation et encore moins un droit au massacre. Il y a un droit à la
paix qui est le même pour tous les peuples. La sécurité telle que la
recherche aujourd'hui Israël se fait contre la paix et contre le peuple
palestinien. En lieu et place de la recherche de la paix, il n'y a plus
que l'engrenage de la force qui conduit à la guerre perpétuelle à plus
ou moins basse intensité. L'État israélien se condamne à des opérations
régulières à Gaza ou en Cisjordanie,
cette stratégie terrifiante parce qu'elle condamne les Palestiniens au
sous-développement et à la souffrance, terrifiante parce qu'elle
condamne Israël peu à peu à devenir un État ségrégationniste,
militariste et autoritaire. C'est la spirale de l'Afrique du Sud de
l'apartheid avant Frederik De Klerk et Nelson Mandela, faite de
répression violente, d'iniquité et de bantoustans humiliants. C'est la
spirale de l'Algérie française entre putsch des généraux et OAS face au
camp de la paix incarné par de Gaulle.
Il y a une deuxième vérité à
dire haut et fort: il ne saurait y avoir de responsabilité collective
d'un peuple pour les agissements de certains. Comment oublier le profond
déséquilibre de la situation, qui oppose non deux États, mais un peuple
sans terre et sans espoir à un État poussé par la peur? On ne peut se
prévaloir du fait que le Hamas
instrumentalise les civils pour faire oublier qu'on assassine ces
derniers, d'autant moins qu'on a refusé de croire et reconnaître en 2007
que ces civils aient voté pour le Hamas, du moins pour sa branche
politique. Qu'on cite, outre les États-Unis, un seul pays au monde qui
agirait de cette façon. Même si les situations sont, bien sûr,
différentes, la France est-elle partie en guerre en Algérie en 1995-1996
après les attentats financés par le GIA? Londres a-t-elle bombardé
l'Irlande dans les années 1970?
Troisième vérité qui brûle les lèvres et que je veux exprimer ici: oui il y a une terreur en Palestine et en Cisjordanie,
une terreur organisée et méthodique appliquée par les forces armées
israéliennes, comme en ont témoigné de nombreux officiers et soldats
israéliens écœurés par le rôle qu'on leur a fait jouer. Je ne peux
accepter d'entendre que ce qui se passe en Palestine n'est pas si grave
puisque ce serait pire ailleurs. Je ne peux accepter qu'on condamne un
peuple entier à la peur des bombardements, à la puanteur des aspersions
d'«eau sale» et à la misère du blocus. Car je ne peux accepter qu'on nie
qu'il y a quelque chose qui dépasse nos différences et qui est notre
humanité commune.
Il n'y a aujourd'hui ni plan de paix, ni
interlocuteur capable d'en proposer un. Il faut tout reprendre depuis le
début. Le problème de la paix, comme en Algérie entre 1958 et 1962, ce
n'est pas «comment?», c'est «qui?».
Il n'y a pas de partenaire en
Palestine car les partisans de la paix ont été méthodiquement
marginalisés par la stratégie du gouvernement d'Israël. La logique de
force a légitimisé hier le Hamas contre le Fatah. Elle légitime
aujourd'hui les fanatiques les plus radicaux du Hamas voire le Djihad
islamique. Se passer de partenaire pour la paix, cela veut dire
s'engager dans une logique où il n'y aurait plus que la soumission ou
l'élimination.
Il n'y a plus de partenaire pour la paix en Israël
car le camp de la paix a été réduit au silence et marginalisé. Le peuple
israélien est un peuple de mémoire, de fierté et de courage. Mais
aujourd'hui c'est une logique folle qui s'est emparée de son État, une
logique qui conduit à détruire la possibilité d'une solution à deux
États, seule envisageable. La résignation d'une partie du peuple
israélien est aujourd'hui le principal danger. Amos Oz, Zeev Sternhell
ou Elie Barnavi sont de plus en plus seuls à crier dans le désert, la
voix couverte par le vacarme des hélicoptères.
Il n'y a plus non
plus de partenaire sur la scène internationale, à force de lassitude et
de résignation, à force de plans de paix enterrés. On s'interroge sur
l'utilité du Quartette. On désespère de la diplomatie du carnet de
chèques de l'Europe qui se borne à payer pour reconstruire les bâtiments
palestiniens qui ont été bombardés hier et le seront à nouveau demain,
quand les États-Unis dépensent deux milliards de dollars par an pour
financer les bombes qui détruisent ces bâtiments.
Face à l'absence
de plan de paix, seules des mesures imposées et capables de changer la
donne sont susceptibles de réveiller les partenaires de leur torpeur.
C'est au premier chef la responsabilité de la France.
Le premier outil pour réveiller la société israélienne, ce sont les
sanctions. Il faut la placer devant ses responsabilités historiques
avant qu'il ne soit trop tard, tout particulièrement à l'heure où il est
question d'une opération terrestre de grande envergure à Gaza. Cela
passe par un vote par le Conseil de sécurité de l'ONU d'une résolution
condamnant l'action d'Israël, son non-respect des résolutions
antérieures et son non-respect du droit humanitaire et du droit de la
guerre. Cela signifie concrètement d'assumer des sanctions économiques
ciblées et graduées, notamment pour des activités directement liées aux
opérations à Gaza ou aux activités économiques dans les colonies. Je ne
crois guère aux sanctions face à des États autoritaires qu'elles
renforcent. Elles peuvent être utiles dans une société démocratique qui
doit être mise face aux réalités.
Le deuxième outil, c'est la
justice internationale. L'urgence aujourd'hui, c'est d'empêcher que des
crimes de guerre soient commis. Pour cela, il est temps de donner droit
aux demandes palestiniennes d'adhérer à la Cour pénale internationale,
qui demeure aujourd'hui le meilleur garant de la loi internationale.
C'est une manière de mettre les Territoires palestiniens sous protection
internationale.
Le troisième outil à la disposition de la
communauté internationale, c'est l'interposition. À défaut de pouvoir
négocier une solution, il faut l'imposer par la mise sous mandat de
l'ONU de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem Est, avec une
administration et une force de paix internationales. Cette
administration serait soumise à de grands périls, du côté de tous les
extrémistes, nous le savons, mais la paix exige des sacrifices. Elle
aurait vocation à redresser l'économie et la société sur ces territoires
par un plan d'aide significatif et par la protection des civils. Elle
aurait également pour but de renouer le dialogue interpalestinien et de
garantir des élections libres sur l'ensemble de ces territoires. Forte
de ces résultats, elle appuierait des pourparlers de paix avec Israël en
en traçant les grandes lignes.
Nous n'avons pas le droit de nous
résigner à la guerre perpétuelle. Parce qu'elle continuera de contaminer
toute la région. Parce que son poison ne cessera de briser l'espoir
même d'un ordre mondial. Une seule injustice tolérée suffit à remettre
en cause l'idée même de la justice.
Dominique De VILLEPIN
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jeudi 31 juillet 2014
Quimper-Paix en Palestine. Le collectif durcit le ton (Le Telegramme 31/07/2014)
Le collectif d'association pour la paix en Palestine a manifesté pour la
cinquième fois hier. Mais cette fois, les 200 participants ont haussé
le ton.
« Israël est une démocratie mais une démocratie qui colonise, qui vole
l'eau, qui occupe, qui emprisonne, une démocratie qui légalise
l'apartheid, qui assiège et affame, une démocratie qui viole le droit
international », assène Yves Jardin, coordinateur du collectif
cornouaillais pour la paix en Palestine. Pour la cinquième fois, 25
associations et partis, (contre 23 samedi), avaient lancé un appel au
rassemblement place Terre-au-Duc, hier vers 18 h. Environ 200 personnes y
ont pris part. Dans la foule, des drapeaux du Parti de gauche, du PCF,
du NPA, de la CGT mais aussi de la Palestine et de Turquie.
« L'horreur continue »
Yves Jardin, juché sur la fontaine de la place, s'est lancé dans une diatribe contre Israël en commençant par « l'horreur continue ». Il a ensuite rappelé les derniers événements, comme le bombardement d'une école de l'ONU. ONU qui a, de son côté, appelé à « mettre un terme immédiat au carnage ». Yves Jardin, au nom du collectif, a aussi dénoncé « la propagande des tunnels et des roquettes qu'utilise l'armée israélienne pour justifier ses attaques ». Il a également estimé qu'Israël « veut étendre son espace vital ». Il a aussi « salué la résistance héroïque de Gaza » avant d'accuser le gouvernement français « d'être complice de crime de guerre ». Le rassemblement s'est ensuite mué en cortège dans les rues piétonnes. Une minute de silence a été observée devant la mairie. Les manifestants se sont aussi symboliquement bâillonnés avec les mains, pour protester contre les interdictions de manifester à Paris.
« L'horreur continue »
Yves Jardin, juché sur la fontaine de la place, s'est lancé dans une diatribe contre Israël en commençant par « l'horreur continue ». Il a ensuite rappelé les derniers événements, comme le bombardement d'une école de l'ONU. ONU qui a, de son côté, appelé à « mettre un terme immédiat au carnage ». Yves Jardin, au nom du collectif, a aussi dénoncé « la propagande des tunnels et des roquettes qu'utilise l'armée israélienne pour justifier ses attaques ». Il a également estimé qu'Israël « veut étendre son espace vital ». Il a aussi « salué la résistance héroïque de Gaza » avant d'accuser le gouvernement français « d'être complice de crime de guerre ». Le rassemblement s'est ensuite mué en cortège dans les rues piétonnes. Une minute de silence a été observée devant la mairie. Les manifestants se sont aussi symboliquement bâillonnés avec les mains, pour protester contre les interdictions de manifester à Paris.
source: letelegramme.fr
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De retour de Palestine:le témoignage de Mounia Benaili, élue à Juvisy-sur-Orge (Essonne) et militante du Parti de Gauche
Mounia
Benaili est élue à Juvisy-sur-Orge et militante du Parti de gauche. Elle revient de Palestine.
Mounia, tu es partie en Palestine avec les
Observacteurs. Quelle est cette association et quel était le but de ce voyage ?
Cette
association organise des missions en Palestine. Tous les ans, elle
permet à des groupes de français, venus
d’horizons divers, militants ou non, de se rendre sur place et de
constater la réalité de la colonisation. La présence d’internationaux
sur place est vitale et fondamentale pour les Palestiniens.
Personne ne revient tout à fait indemne, après 3 semaines sur place.
Et bien souvent ceux qui y vont, d’observateurs deviennent des acteurs
pour dénoncer l’occupation et les injustices vécues par
le peuple de Palestine. Et c’est tant mieux, car cette cause ne vaut
que si elle est partagée au-delà du seul cercle des militants et acquis
de longue date à ce juste combat.
Vue de France, la vie des Palestiniens, dans la bande de Gaza comme en Cisjordanie, semble être une lutte
quotidienne pour la survie. Quel regard portes-tu sur leur situation aujourd’hui ?
Les palestiniens vivent la misère. Qui découle évidemment de leur statut d’occupés, et du régime, j’assume le mot,
d’apartheid.
Il
y a le blocus sur Gaza qui leur est imposé bien sûr. Mais aussi, dans
toute la Cisjordanie, la stratégie d’Israël
qui s’est accaparée, sur la base des accords signés avec les
autorités palestiniennes, les ressources naturelles, la gestion de
l’eau, le contrôle des zones côtières et d’une majeure partie des
zones agricoles.
Elle
s’est également assuré le contrôle sur l’économie palestinienne. Ainsi,
Israël s’enrichit sur le dos du commerce
palestinien. Les produits palestiniens sont interdits à la vente en
Israël, par contre, pour les exportations et importations, Israël
s’octroie une taxe supplémentaire au passage.
Pourtant, il y a une aide internationale en faveur des Palestiniens.
Oui.
Mais cette aide est très contestée par les citoyens palestiniens. Au
mieux, ils la considèrent comme un moyen
pour la communauté internationale de s’acheter une bonne conscience.
Au pire, ils la dénoncent comme une forme de légitimation des
violations du droit international par Israël. Quelle crédibilité
accorder à une aide dont tout le monde sait qu’elle sert également à
financer la reconstruction des infrastructures détruites impunément par
Israël ? Comment rester insensible à cet argument
quand on sait, par exemple, que les Etats-Unis ont beaucoup
communiqué dernièrement sur le déblocage de 500 millions de dollars
d’aide aux Autorités palestiniennes alors qu’ils versent près de
trois milliards d’aide militaire annuelle à Israël ?
Sur
le quotidien, malgré la colonisation galopante, les discriminations,
les exactions, l’arbitraire, nous avons été
frappés par la capacité d’adaptation des palestiniens. Ils mènent en
apparence une vie normale. Et c’est une forme de résistance passive
pour eux que de continuer les gestes quotidiens de la vie.
Cette forme de résistance porte d’ailleurs un nom : le soumoud.
De quelle manière le retour au pouvoir de Benjamin Netanyahou impacte la vie quotidienne des Palestiniens dans
les territoires occupés ?
La politique d’extrême-droite de Benjamin Netanyahou est clairement sioniste et sécuritaire. Tous ceux que nous avons
rencontrés : pacifistes et activistes israéliensou
palestiniens, ont insisté sur la nature politique du conflit, et non religieuse (même
si les religions finissent par
l’instrumentaliser). La stratégie mise en œuvre par Ben Gourion et
poursuivie par d’autres dont Netanyahou est une stratégie coloniale,
afin de priver les palestiniens de leur droit sur leurs
terres.
Le
développement de colonies illégales dans les territoires pourtant sous
contrôle palestinien est impressionnant. Des
grues sont à l’œuvre partout autour de Jérusalem et des villes
palestiniennes. 8 lignes de Tramway sont prévues pour relier toutes les
colonies entre elles et avec Jérusalem. Rendant par là-même
impossible, physiquement, l’existence d’un futur Etat palestinien
avec Jérusalem-Est comme capitale.
Des
lois scélérates sont votées. La dernière en date, connue sous le nom de
Plan Prawer-Begin, vise à contraindre
plusieurs dizaines de milliers de bédouins du Néguev (Palestiniens
d’Israël) à quitter leurs terres et leurs villages pour les regrouper
dans des villes et quartiers qui leur seraient
assignés.
La
politique sécuritaire de l’Etat d’Israël a conduit à une situation
inouïe : les incursions nocturnes des
soldats israéliens dans les territoires palestiniens pour y arrêter
arbitrairement des adultes et des enfants, une justice disproportionnée
(un jet de pierres est puni de 20 ans d’emprisonnement,
un enfant est jugé comme adulte dès 15 ans), des prisonniers
politiques retenus dans des conditions dignes de Guantanamo et où la
torture est courante (20 % des Palestiniens sont
passés par cette case !).
Concernant
les arabes israéliens (1,6 millions de personnes), une vrai politique
discriminatoire est menée envers eux.
Par exemple, de plus en plus d’employeurs mettent comme condition
préalable à l’embauche, le service militaire. L’Etat d’Israël refusant
de les recenser pour les inscrire sur les registres des
appelés, ils sont de fait écartés d’un nombre grandissant d’emplois.
De la même manière, la loi leur interdit de louer ou acheter des
terres, les mêmes qui ont été confisquées à leurs ancêtres en
1948.
Les discussions de paix entre Palestiniens et Israéliens semblent au point mort. A ton retour, as-tu
l’impression qu’une issue soit possible ?
Cela
fait 20 ans que nous parlons de processus de paix. En réalité il n’y a
pas de processus de paix ! Il y a un processus de
colonisation déguisé sous un soi-disant processus de paix, qui n’a
jamais existé. Alors que des conditions sont toujours rajoutées aux
obligations des autorités palestiniennes, jamais les mêmes
préalables n’ont été demandés à Israël. Les résolutions de l’ONU ne
sont toujours pas appliquées : retour des réfugiés, démantèlement et
arrêt des colonies, respect des frontières de 1967.
Pire : Israël s’est assise dessus, viole la législation
internationale humanitaire, bafoue la justice internationale, sans que
la communauté internationale ne s’en émeuve ou ne menace de
suspendre ses coopérations avec Israël.
Avec ce
voyage j’ai acquis 2 certitudes. L’Etat palestinien ne verra jamais le
jour. Il est trop tard. Comment démanteler des colonies
qui ne cessent de se développer (+179 % en un an) et dans lesquelles
vivent 700 000 colons ? A fortiori quand Israël
bénéficie de l’impunité la
plus totale sur la scène internationale. Israël n’acceptera jamais
un Etat binational et laïc qui remettrait en cause leur plan
d’occupation. Les arabes étant bien plus nombreux.
Quel rôle la France et le camp progressiste, singulièrement, peuvent jouer dans le processus de paix s’il est
encore sauvable ?
Je
crois que malheureusement les Palestiniens n’ont rien à attendre de la
France, complètement alignée sur la politique atlantiste des
Etats-Unis. Cela doit inciter les partis politiques qui prétendent
accéder au pouvoir à s’engager à reconnaître la Palestine comme un Etat à
part entière.
Par
contre les militants que nous sommes peuvent se rendre utiles de
plusieurs manières. Nous pouvons relayer les campagne de boycott
de BDS. Ne
pas acheter de produits manufacturés en Israël mais aussi boycotter les
entreprises qui collaborent ou soutiennent
le régime israélien. Nous devons aussi faire pression sur le
gouvernement pour obliger l’étiquetage des produits fabriqués dans les
colonies.
Le deuxième axe consiste à mener les campagnes de soutien aux prisonniers politiques palestiniens. Plus de 4 000 d’entre eux
croupissent dans les prisons israéliennes. Organiser des parrainages de prisonniers dans
les
mairies, écrire aux prisonniers sont des gestes qui paraissent
dérisoires, mais qui sont importants pour montrer aux autorités qu’un
soutien international existe. D’anciens prisonniers (dont
Salah Hamouri) en font une priorité.
Enfin, nous devons multiplier les délégations officielles d’élu-e-s, de partis politiques, d’associations… pour voir, et
raconter.
Cet entretien date de juillet 2013 mais garde, malheureusement, toute son actualité.
source: lecridupeuple.org
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