Dans une interview accordée le 21 septembre à Florence Clavaud-Parent journaliste au quotidien Le Populaire, Christian Audouin, Président du groupe Limousin Terre de Gauche au Conseil Régional du Limousin explique: "Des
alliances avec le PS ne peuvent être pensées qu’autour d’un programme
partagé, en rupture avec la politique d’austérité. Et je suis en
désaccord avec la conception qu’a le PS de l’union. Etre réduits au rang
de chevalier servant, ce n’est pas acceptable. C’est évidemment à
Limoges que cela pose le plus gros problème« , ajoutant : « Il n’y a rien qui ressemble aujourd’hui à une prénégociation avec le PS."
En cette rentrée politique, nous poursuivons notre
série d’entretiens avec Christian Audouin. Tiraillés entre leurs amis du
Front de gauche désireux de faire bande à part, et leur direction
nationale plus nuancée, les communistes hésitent à partir seuls à la
bataille à Limoges.
L'union historique PC\PS a du plomb dans l'aile à
Limoges. Tournant leur regard vers des écologistes encore hésitants,
certains communistes se verraient bien monter une liste indépendante au 1
er tour. Oui, mais.
Entre la ligne Mélenchon qui prône
des listes autonomes, hors PS, et la ligne Laurent qui plaide pour des
unions au cas par cas, où vous situez-vous ? Je
me situe dans le collectif communiste qui travaille sur un calendrier
précis, dont le moment décisif sera le vote des militants durant la
2e semaine d'octobre. Ce sont eux qui trancheront. Ils auront le choix
entre une liste autonome ou une liste d'union, à Limoges comme ailleurs.
Qu'est-ce qui vous dérange au PS ? Les
choses seraient plus faciles si François Hollande ne faisait pas une
politique néolibéraliste malgré ses propres engagements. Des alliances
avec le PS ne peuvent être pensées qu'autour d'un programme partagé, en
rupture avec la politique d'austérité. Et je suis en désaccord avec la
conception qu'a le PS de l'union. Etre réduits au rang de chevalier
servant, ce n'est pas acceptable. C'est évidemment à Limoges que cela
pose le plus gros problème.
Des discussions ont-elles commencé ? Il
n'y en pas eu pour l'instant, du moins de parti à parti. D'individu à
individu, c'est autre chose. En tout cas, il n'y a rien qui ressemble
aujourd'hui à une prénégociation avec le PS.
Vos conditions pour une alliance dès le 1 er tour ? Des
conditions programmatiques. Il faudra discuter avec Alain Rodet sur la
façon dont les députés socialistes votent sans sourciller toutes les
mesures qui mettent en difficulté les collectivités locales. On ne peut
pas concevoir une prochaine mandature sans transfert d'une part des
investissements vers le social, sans garantie pour les services publics,
sans réelle volonté politique en direction des associations, de la
culture.
Mais jusqu'à présent, vos élus font partie de cette majorité municipale. Ils
font du bon travail en fonction de l'espace qu'on leur accorde. Mais au
départ, ce socle d'union ne s'est pas engagé sur un socle
programmatique commun.
Cette mandature d'union qui s'achève est donc à vos yeux un échec ? Ce n'est pas un échec. C'est la fin d'une histoire politique.
Vous pourriez élargir votre possible démarche autonome à d'autres forces politiques ? Les Verts ? Pourquoi
pas. Au conseil régional par exemple, nous nous retrouvons souvent sur
le dossier ferroviaire, et sur des dossiers à connotation sociale et
environnementale.
Ne pas partir à la bataille aux côtés du PS pourrait vous coûter des élus. A l'inverse, un ralliement du PC dès le 1 er tour peut écorner l'image du Front de gauche puisque tous ses partenaires ne le suivront pas. C'est
le dilemme. Ne pas perdre d'élus est effectivement notre priorité, mais
quelle que soit l'option choisie le Front de gauche ne serait pas
menacé dans son existence, nos liens dépassent largement ces simples
enjeux électoraux.
Cette absence de consensus ne risque-t-elle pas de vous nuire, de faire le lit du FN ? Compte
tenu de ses prises de position idéologiques, de son discours
sécuritaire, c'est l'UMP qui va devoir compter les points perdus. Si au
soir du 1 er tour il devait y avoir hypermenace
de la droite, de l'extrême droite, ici comme ailleurs, le moindre
risque serait pris par le Front de Gauche.
Florence Clavaud-Parant
source: lepopulaire.fr (21/09/2013)
