Pour une retraite solidaire,
contre une réforme injuste pour les jeunes !
« Je demande à être jugé sur deux choses : la justice et la jeunesse » François Hollande, 2012
Mardi
27 août dernier, le Premier ministre Jean Marc Ayrault a annoncé les
contours de la future réforme des retraites. Les jeunes ne sont pas
dupes. Les mesures de justice mises en avant ne sauraient masquer les
graves reculs sociaux pour les jeunes générations. Pour le collectif «La retraite: une affaire de jeunes»,
qui rassemble 17 organisations de jeunesses syndicales, politiques, et
associatives, le message envoyé aux jeunes est clair : la retraite à
taux plein, ce ne sera pas pour nous !
L’allongement de la durée de cotisation : une double peine pour les jeunes
Alors
que 5 millions de personnes sont au chômage, première cause du
déséquilibre financier de nos retraites, il n’est pas acceptable de
vouloir faire travailler plus longtemps les jeunes générations.
L’allongement de la durée de cotisation, d’au moins 43 annuités,
signifie pour les jeunes : être au chômage aujourd’hui, et toucher une
retraite incomplète demain. Une situation que les femmes subissent
encore plus durement, elles qui sont plus nombreuses à être au chômage
et ont des carrières plus courtes. Le collectif s’oppose à tout allongement de la durée de cotisation. D’autant
plus que d’autres mesures sont possibles : taxer les revenus du capital
et lutter contre les inégalités salariales femmes-hommes par exemple.
Cette dernière permettrait de dégager 5 à 10 milliards d’euros contre 3
milliards d’euros seulement via l’allongement de la durée de cotisation.
Les jeunes, toujours dépourvus de droits sociaux
Entre
18 et 25 ans, les jeunes sont dépourvus de droits sociaux. La réforme
des retraites aurait put être l’occasion de corriger cette injustice.
Mais malgré quelques avancées positives pour les apprentis, la prise en
compte des périodes d’inactivité forcée manque cruellement dans le
projet de réforme.
En effet, la possibilité pour les jeunes de racheter une année de leurs études est inefficace et totalement injuste. Il faudrait tout de même que les jeunes déboursent près de 2 800 euros: un montant impossible à réunir pour des moins de 30 ans dont le taux d’épargne est quasi nul !
Les
stages ainsi que les périodes de chômage pour ceux qui n’ont pas
commencé à cotiser, ne sont pas pris en compte dans la future réforme. Une
réforme juste ne peut pas ignorer l’enjeu, pour l’ensemble de la
société, de protéger la jeunesse durant la période d’insertion et
garantir un droit à se former pour tous.
Faire confiance aux jeunes pour garantir l’avenir de notre système de retraite
Le
collectif met en garde le gouvernement contre une réforme des retraites
qui aboutirait à la mort de notre système solidaire. En effet, en ne
prenant pas en compte les jeunes, ceux-ci n’auront d’autres choix que de
s’en détourner au profit des assurances privées, par capitalisation. Nous refusons d’être la première génération à devoir renoncer à une retraite solidaire !
Notre
collectif rappelle en outre qu’une politique ambitieuse d’emploi, qui
pose le CDI comme la norme d’emploi pour les jeunes, est une priorité
pour répondre aux besoins de financement des retraites. Alors qu’il y a
près de 2 millions de jeunes de moins de 30 ans qui ne sont ni en emploi
ni en formation, la priorité n’est-elle pas de partager le travail
plutôt que de faire travailler les seniors plus longtemps ?
Le
collectif appelle l’ensemble des jeunes à manifester aux côtés des
salariés le 10 septembre, pour refuser tout allongement de la durée de
cotisation, et porter une autre réforme qui permette la reconnaissance
des jeunes à travers la validation des années d’études et d’insertion
professionnelle dans le calcul des retraites.





